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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Nul ne sait pour autrui
Les années de communisme servent de toile de fond à la comédie dramatique « Hymnus », de György Schwajda. L’auteur hongrois traite de l’intégration d’une famille hors norme dans une société qui décide, à sa place, de ce qui doit être fait, de ce qui doit être bon. Mais nul ne sait pour autrui.
Une femme est endormie sur une table. Elle rêve d’un monde meilleur. Des spots publicitaires décrivent ce qu’elle pourrait vivre. Le réveil sonne. Il est 4 heures, l’heure d’éveiller son époux ouvrier Iogy. Il doit partir à l’usine. Mais où est-il ?
L’auteur nous fait pénétrer dans le quotidien tragique d’un couple d’humains enchaînés à leurs conditions. Par transposition, il nous parle de l’intégration de pays anciennement communistes à une Union européenne toute puissante. Le choix fait par le metteur en scène roumain – Radu Dinulescu – de projeter les films publicitaires en fond de scène nous ouvre le monde intérieur du personnage féminin. Nous visionnons ses moments de liberté, acquis en dormant. Ces moments, lui, Iogy, il les trouve dans l’ivresse. Il s’oublie en elle. L’alcool est son allié. Elle lui procure le sentiment d’une virile puissance. La musique rock’n’roll et les jeux de lumière nous font partager son état.
Mais cette empathie s’arrête subitement. Les maladresses de la mise en scène deviennent trop nombreuses. La superposition au jeu des comédiens des films projetés, la trop grande rareté de moments de poésie, un décor plaqué sur scène, tels les objets d’un dépôt-vente, annihilent toute magie. Le spectateur quitte la misère de ce couple pour se retrouver dans son fauteuil, qu’il ne quittera pas avant le dernier tiers de la pièce.
Heureusement, le jeu de Victoria Cocias et Claudiu Bleont nous sauve. Ils nous présentent avec délicatesse le choix de l’auteur de créer, par le texte, un systématisme qui nous emprisonne. La simplicité d’âme des personnages n’est jamais caricaturale. Ils veulent simplement être acceptés. Comme tout à chacun, ils demandent à être aimés. ¶
Franck Lavigne
Les Trois Coups
Hymnus, de György Schwajda
Compagnie du Théâtre Fani Tardini – Galati
Contact : Radu Dinulescu
Adresse : Teatrul de Marionete Arad • Strada Episcopiei nr.15 • Arad • Romania
0040 (0)7 45 07 66 99
Mise en scène et décors : Radu Dinulescu
Comédiens : Victoria Cocias, Claudiu Bleont, Liliana Lupan, Cristi Gheorghe, Gabi Velicu, Aurel Batca, Vasile Danila
Costumes : Sanda Mitache
Théâtre du Bourg-Neuf · 5 bis, rue du Bourg-Neuf · Avignon
Réservations : 04 90 85 17 90
Du 6 au 28 juillet à minuit
Durée : 1 heure
15 € | 10 € | 7,5 €
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