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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 03:22

La chair du verbe


Par Patricia Lavigne

Les Trois Coups.com


Les forces du destin, le désir, l’amour, l’absurdité de la vie : autant de thèmes cent fois revisités et jamais épuisés. Les thèmes qui hantent les tragédies et notre quotidien. Qui font naître les chefs-d’œuvre et les discussions de comptoir. Et, parfois, enfantent la poésie. Alors, il est bon d’écouter passer les anges…

Ou les vaches. Ou les deux, comme dans la création de Léon Masson, où les uns côtoient les autres dans un drame profond et grotesque, pour nous entraîner dans un monde onirique et pourtant bien en chair.

L’histoire est banale puisqu’il s’agit de désir : il y a Lui, l’amoureux, et Elle, la jeune fille. L’histoire est complexe puisqu’il y a l’autre, avec sa différence, ses exigences. Mais surtout, il y a les autres, ceux qui réclament aussi leur part : les envieux, les curieux, les affamés, qui n’hésiteront pas à détruire ce qu’ils ne peuvent posséder pour se repaître des restes. Ils sont là, à l’affût de la moindre faiblesse, de la plus petite faille, sous le regard mi-ennuyé mi-désespéré du meneur de jeu : l’auteur.

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Celui-ci, bien sûr, connaît la fin, même si, tout en les observant depuis sa table de travail, il laisse à ses personnages le choix des moyens. Et dans ce domaine, tout est permis jusqu’à l’estocade finale. Car c’est bien une mise à mort qui est attendue. Et comme dans une corrida, cette dernière se doit d’être lente. Avec du sang. De la cruauté aussi. Beaucoup de cruauté. Et du sexe, bien sûr. Le tout, orchestré par un matador jaloux – un roi décadent, par exemple – et ses picadors, parmi lesquels un serviteur suintant de veulerie et un ange vendu au diable.

Bref, vous l’avez compris, il s’agit d’un vrai spectacle, plein de faste, de mauvais coups, d’émotion brute, et de retournements de situation inattendus.

La pièce est portée par un texte magnifique, charnel et lyrique à la fois, et une mise en scène intelligente, dans laquelle la musique et les silences s’unissent aux mots et aux images pour laisser au spectateur le plaisir de l’imagination. Ajoutez à tout cela des comédiens justes et bourrés d’énergie, et vous comprendrez qu’il serait vraiment dommage de quitter le Off sans avoir rendu visite à la compagnie des Anges-de-Comptoir. 

Patricia Lavigne


La nuit s’est abattue comme une vache, de Léon Masson

Compagnie des Anges-de-Comptoir •11, rue de Sully • 94220 Charenton

06 60 68 90 71

angesdecomptoirs@yahoo.fr

Mise en scène : Léon Masson

Interprètes : Louise Pasteau, Pierre Giafferi, Romuald Szklartchik, Mounir Fathi, Stanley Weber, Maxime Tshibangu, Cédric Cantin, Vincent Brunol, Mathias Robinet

Musique : Groupe Apeyron

Théâtre Le Célimène • 25, rue des Remparts-de-l’Oulle • Avignon

Réservations : 04 90 82 96 13

Du 6 au 28 juillet 2007 à 12 h 15

Relâche le 22 juillet

Durée : 1 h 20

14 € | 10 €

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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