L’opéra à la portée de tous
Le Théâtre de l’Étincelle présente « l’Italienne à Alger », un opéra de Gioacchino Rossini, d’après le livret d’Angelo Anelli, un spectacle réjouissant, drôle et enlevé.
L’idée de présenter un opéra dans une petite salle, pendant le Off d’Avignon, avec un nombre limité de musiciens, fait
de l’Italienne à Alger une expérience inédite. Des intermèdes en français permettent de suivre l’intrigue de cet opéra chanté en italien.
On assiste à une désacralisation de l’opéra, qui est ici mis à la portée de tous. La mise en scène est épurée tant du point de vue de la scénographie que des lumières. Elle n’est pas emphatique. Les costumes décalés et colorés ajoutent au charme du spectacle. Notons ici l’ingéniosité des costumes et du jeu du chœur, alternativement esclaves italiens et eunuques du sérail.
Les chanteurs jouissent d’une grande liberté sur le plateau et le jeu n’est jamais guindé. C’était justement l’objet du travail effectué par le metteur en scène sur le corps des chanteurs. Ils prennent du plaisir à jouer et à chanter, tout ceci contribuant au charme de ce spectacle, qui joue la carte de la différence au sein du Off.
L’Italienne à Alger nous offre une autre magie que celle qui nous est offerte dans les grandes productions d’opéra, exigeant une complète excellence. Il ne prétend pas nous présenter des sommets du chant lyrique, mais des chanteurs dont les qualités s’accommodent parfaitement avec ce projet.
Les musiciens sont placés avec les chanteurs sur le même plan. Ainsi, le spectacle est constitué de deux corps autonomes qui jouent ensemble. Les musiciens s’associent aux chanteurs pour faire progresser l’intrigue. Ils s’écoutent entre eux, se surprennent et se taquinent. Ils apportent un éclairage supplémentaire au jeu.
Saluons la performance de Jeanne Leroux, la tourneuse de pages, non voyante, qui accomplit un travail très impressionnant compte tenu de son handicap.
On ne s’ennuie jamais pendant ce spectacle, qui nous rend joyeux. La jubilation de l’équipe nourrit notre plaisir. ¶
Margot D.
Les Trois Coups
L’Italienne à Alger, de Gioacchino Rossini
D’après le livret d’Angelo Anelli
Compagnies In-Sense et Théâtre de l’Immaturité • 13, rue du Docteur Heulin • 75017 Paris
06 61 71 57 79
Mise en scène et scénographie : Sergueï Safonov
Direction musicale : Marc Bizzini
Avec :
Isabella, dame italienne : Marie Blanc
Mustafà, bey d’Alger : Nicolas Dangoise
Elvira, femme de Mustafà : Marion Lhéritier
Zulma, confidente d’Elvira : Violaine Fournier
Haly, général, second de Mustafà : Étienne Pats
Lindoro, jeune italien, esclave favori de Mustafà : Éric Laigle
Taddeo, banquier, compagnon d’Isabella : Philippe Scagni
Chœur, eunuques du sérail, esclaves italiens, marins, récitants : Benjamin Chabert, Sylvain Mollé, Jérôme Castel
Orchestre :
Violon : Dorian Lamotte
Violoncelle : Jérémie Billet
Piano : Marc Bizzini
Réduction d’orchestre : Laurence Huc et Yves Guichaoua
Costumes : Alena Shymbarevich
Décors : Philippe Bizzini
Adaptation et traduction : Marc Bizzini et Sergueï Safonov
Théâtre de l’Étincelle • 14, place des Études • Avignon
04 90 85 43 91
Du 6 au 28 juillet 2007 à 21 h 20
Relâche : 9, 16 et 23 juillet
Durée : 1 h 15
15 € | 12 € | 10 € | 8 €
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
Lire la suite.
« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux “Trois Coups” ! Amicalement. » Gilles Costaz, critique dramatique à « Paris-Match », « les Échos », « Politis », « le Magazine littéraire », « l’Avant-scène Théâtre »…
« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez le théâtre et vous savez faire partager votre passion… » Marie-Céline Nivière et Dimitri Denorme, « Pariscope », rubrique “Théâtre”
« “Les Trois Coups”, c’est une pépinière de critiques. Ils sont acteurs, étudiants […], tous raides amoureux de théâtre. Une quarantaine à aller au théâtre et à écrire sur les spectacles. » Jean-Pierre Thibaudat, « Rue 89 », blog “Balagan”
Commentaires