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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
« Tout est attendre de l’homme »
Assis sur les fauteuils comme au cinéma, une voix off informe le spectateur des statistiques de la fréquentation des théâtres. Une petite précision : elles sont un peu particulières…
Le comédien entre en scène et renverse la situation avec une remarquable habileté. Les spectateurs malgré eux
deviennent « acteurs ». Cette réflexion subtile me rappelle une phrase de Shakespeare : « Je tiens ce monde pour ce qu’il est : un théâtre où chacun doit jouer son
rôle. » (le Marchand de Venise).
Le comédien s’interroge sur l’absence de sens de certaines représentations théâtrales. Ses paroles acides rebondissent sur les spectateurs. Il questionne le verbe, le tourne et le retourne dans tous les sens. Mais le « cerveau n’en fait qu’à sa tête ».
Avec ce coup de gueule, les barrières tombent, les a priori s’effacent. Une relation simple s’installe. Plus d’hypocrisie, sincérité oblige. Lui, le comédien, de cet état de conscience, en a perdu quelque chose. « Les spectateurs sont là, comme prévu. Mais son spectacle, lui, l’a quitté. » Il a foutu le camp, s’est envolé. Peut-être parce qu’il y a trop de spectacles ou que la magie du théâtre est partie ?
L’acteur, seul en scène, dénonce les politiques actuelles et les spectacles subventionnés. Réalité amère, mais tellement juste. La société de consommation est mise à bas. Le public prend de la culture comme une côte de bœuf au rayon frais du supermarché.
Des images tapissent le mur, des voix émergent de cet espace nu. La réalité devient fiction ou télé-réalité ou encore le rêve d’un comédien de retrouver son spectacle. Messages d’une puissance tonnante, de voir, avec un peu de recul dans quel monde nous vivons. « Tout est attendre de l’homme » : reconstruire sa propre partition chaque matin.
Le spectateur est malaxé, trituré, compressé par cette furieuse déferlante. Que c’est bon d’être bousculé, de recevoir, en pleine poire, ces décharges électriques ! ¶
Anaïs André-Acquier
Les Trois Coups
Furie, de Jérôme Rouger
La Martingale • l’Archipel • 7, rue de la Citadelle • 79200 Parthenay
Tél : 05 49 94 32 19 | 06 08 09 27 96
Mise en scène : Jean-Pierre Mesnard
De et avec Jérôme Rouger
Lumière : Cédric Ridouard
Son : Laurent Baraton
Le Ring • 13, rue Louis-Pasteur • Avignon
Réservations : 04 90 27 02 03
Du 6 au 28 juillet 2007 à 19 h 30
Durée : 1 h
Tarifs : 14 € et 10 €
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
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