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« Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir. » Louis Jouvet
Un travail exigeant, intelligent,
drôle et sensible
Parodie hilarante et en chansons du discours politique trop souvent utilisé (et tout récemment encore lors des dernières campagnes électorales présidentielles et législatives).
Ici on se moque des promesses et des 101 propositions pour changer la vie des citoyens, que tiennent nos ténors
politiques. On se moque aussi des médias, qui, sous prétexte de distraire obligatoirement le public, prennent le parti d’empêcher une vraie parole de s’exprimer lors d’un débat télévisé entre
deux candidats à l’élection du directeur de supermarché… Ils ne cachent pas leur préférence politique : on assiste à un cours de poésie avec les vraies rimes et les faux amis :
liberté et libéralisme en sont un exemple puisqu’ils riment au début, mais pas à la fin… Il y a du Queneau pas très loin !
L’absurde cours d’un professeur pseudo-scientifico- sémanticien côtoie parfois de véritables questions de fond : « Peut-on dire que l’on fait la guerre au terrorisme ? Quand saura-t-on qu’on a gagné la guerre ? » Le terrorisme, n’étant qu’un substantif, ne peut signer de capitulation !
Les musiciens (clavier, saxo ténor, clarinette, basse, batterie) ne se bornent pas à accompagner les chansons : ils jouent, chantent, manipulent les marionnettes-poules et se livrent parfois à des gesticulations incompréhensibles… Mais on nous avait prévenus au début du spectacle qu’il contenait des moments très faibles !
De très beaux moments également comme lorsqu’une des comédiennes essaie de se remémorer les paroles d’une chanson d’Yves Montand (On ne m’a pas mis sur terre pour m’tuer à travailler) ou de Georges Moustaki (Ma liberté, longtemps je t’ai gardée) directement issues de cette année 1968 tant vilipendée…
On termine sur l’éloge de la paresse, mise en chanson sur un air brésilien, qui nous fait passer de la vitalité à la sensualité puis à la tendresse, tandis qu’un des comédiens commence déjà à ranger les accessoires, car vous connaissez les conditions du Off…
En un mot, des artistes qui ne se prennent pas au sérieux, mais dont le travail est exigeant, intelligent, drôle et sensible. ¶
Camille Vivante
Les Trois Coups
Les poules auront des dents (revue théâtrale improbable et politique)
Théâtre du Maquis • 398, avenue Jean-Paul-Coste • 13100 Aix-en-Provence
04 42 38 94 38
Mise en scène : Pierre Béziers
Interprètes : Jeanne Béziers, Florence Hautier, Martin et Pierre Béziers, Nicolas Delorme, Stéphane Diamantakiou et Stéphane Dunan Battandier
Musique : Martin Béziers
Le Petit Chien • 76, rue Guillaume-Puy • Avignon
04 90 85 89 49
Les 11, 18 et 25 Juillet à 14 h 25
Durée : 1 h 20
16 € et 11 €
« Les Trois Coups », c’est un journal en ligne, bien sûr. Mais c’est aussi une association, qui a besoin d’être soutenue par des adhérents.
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