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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 09:18

« En fugue »,

d’après des textes d’Arthur Rimbaud

 

Théâtre des Halles à Avignon

Chapelle Sainte-Claire, 20 h 30

Off du 6 au 10 juillet 2007

 

Les Dents rouges

Durée : 1 h

 

Dès mon plus jeune âge, je m’en allais loin de la ferme où je vivais avec ma famille vers les champs alentour. Dans mon paletot, le livre de poche d’Arthur Rimbaud. Je suis ainsi partie lire de nombreuses fois en solitaire accompagnée de ce précieux passeport. Et alors de si nombreuses fois, plongée dans cette lecture, perdue dans cette campagne trop grande pour moi, j’ai rêvé que la vie était ailleurs.

 

Arthur Rimbaud, le poète marcheur était déjà pour moi, ce qu’il est toujours profondément aujourd’hui, le poète de la liberté. Cette liberté à laquelle j’aspirais et à laquelle j’aspire toujours autant s’est depuis muée en de nouvelles formes et teintées de nouvelles couleurs.

 

Ce qui me saisissait à la lecture de ces poèmes, c’était l’extraordinaire incarnation des mots et de leur agencement. La force du verbe qui prend chair. Devenue comédienne, devenue cette « athlète affectif » dont parle Artaud, la dimension physique de cette poésie m’est apparue plus concrètement. Je me devais de lui donner vie à travers mon corps, ma voix, mon matériau.

 

Liberté et incarnation, de ces deux termes est née l’idée d’un spectacle lorsque je me suis sentie prête à restituer les sensations éprouvées à la lecture de cette poésie qui ne m’a jamais quittée.

 

J’ai donc exploré divers possibilités de mise en scène afin d’éviter une lecture trop propre qui ne pourrait rendre compte de toute la richesse de cette œuvre si pleinement humaine. C’est à travers Mauvais sang, poème frénétique et halluciné, course tempétueuse et acharnée dans le temps, non sans heurts et retours en arrière, que s’effectue ma traversée de la poésie de Rimbaud. Une course entrecoupée de poèmes plus légers et populaires, plus doucement insolents, mais toujours aussi rebelles tels Ma bohème, Oisive jeunesse, Ô saison ô château, ou illuminés tels Génie, le Bateau ivre.

 

La musique ponctue cette course trépidante rythmée par ma profération de Mauvais sang. Elle soutient et soulève le spectacle dans son allant alors que mon corps tout entier se laisse porter par les mots de Rimbaud, les mots d’une jeunesse innocente et clairvoyante, insoumise et profondément idéaliste. Une invitation au « dérèglement de tous les sens », une invitation à la liberté du théâtre.

Sarah Perrin

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Théâtre des Halles • 4, rue Noël-Biret • 84000 Avignon

Entrée du public rue du Roi René • Avignon

Renseignements : 04 90 85 52 57

Télécopie : 04 90 82 95 43

Réservations : 04 32 76 24 51

fnac : 08 92 68 36 22

Tarifs de 6 € à 20 €

www.theatredeshalles.com

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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