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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 09:11

« Paroles de poilus »,

d’après Jean-Pierre Guéno

 

Théâtre des Halles

Salle du Chapitre, 14 h 30

Off du 6 au 28 juillet 2007

 

Cie Ivan Morane

Durée : 1 h 25

Relâche le 14 juillet 2007

Adaptation : Jean-Pierre Guéno

Mise en scène : Ivan Morane

Collaboration artistique : Enki Bilal

Musique : Thierry Pécou

Lumières et images : Nicolas Simonin

Décors et costumes : Anne Bothuon

Avec : Isabelle Maudet et Ivan Morane

Coproduction : Cie Ivan Morane/Théâtre du Colombier

 

Des « lettres » de poilus ont déjà été portées à la scène, mais jamais Jean-Pierre Guéno, directeur des éditions de Radio France, qui a lui-même lancé des appels sur les antennes de la radio publique afin de collecter ces lettres et de les publier avec le succès que l’on sait en 1998, n’avait autorisé une adaptation scénique de celles-ci.

 

Le temps de notre représentation se situe aujourd’hui ; une femme a retrouvé les secrets de son grand-père : lettres, habits… et c’est dans son imaginaire à elle que le public pénètre.

 

J’ai demandé à Enki Bilal de concevoir l’espace et les costumes parce que le propos qu’il développe depuis des années sur la mémoire et la permanence de la guerre et de la barbarie est totalement en phase avec la nécessité pour moi de présenter ce travail aujourd’hui.

 

La modernité, c’est cela : trouver dans nos racines non seulement nos propres clés, mais celles du monde dans lequel nous vivons.

 

C’est donc l’universalité et l’intemporalité des propos tenus dans ces lettres écrites par des jeunes gens, le plus souvent issus des campagnes, qui a été le moteur de notre travail.

 

La guerre de 1914 n’a pas seulement été une horreur « en soi », achevée en 1918, et maintenant refermée.

 

Les colonnes des pages « internationales » de nos journaux sont pleines aujourd’hui de descriptions quasi-identiques.

 

La théâtralisation de ces lettres se veut impressionniste et non démonstrative. Tous savent plus ou moins l’horreur et la boucherie incroyable que fut cette guerre au début du xxe siècle.

 

Mais relier la souffrance individuelle à l’incompétence des chefs militaires, prendre conscience que, sans doute, la plupart de ces vies auraient pu être épargnées, est une autre approche, un autre « choc » face aux mots simples, sensibles, directs, souvent lucides, de ces combattants sacrifiés à l’insouciance des officiers supérieurs imposant des salons de leurs ministères une stratégie militaire du siècle passé. Ici aussi, que de ressemblances avec l’époque actuelle…

 

En « revêtant », au sens propre comme au sens figuré, son passé, cette femme, non seulement s’accepte pour ce qu’elle est, avec ce qu’elle porte depuis toujours en elle, mais donne à ce poilu une mort qui peut maintenant être apaisée.

 

Faire revivre ces poilus aujourd’hui sur une scène de théâtre, c’est, pour moi, tenter de donner un sens à leur mort, à celles de tous les sacrifiés des guerres actuelles, à celle de mon grand-père maternel, revenu des tranchées en 1918, mais bientôt devenu fou.

Ivan Morane

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Théâtre des Halles • 4, rue Noël-Biret • 84000 Avignon

Entrée du public rue du Roi René • Avignon

Renseignements : 04 90 85 52 57

Télécopie : 04 90 82 95 43

Réservations : 04 32 76 24 51

fnac : 08 92 68 36 22

Tarifs de 6 € à 20 €

www.theatredeshalles.com

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Publié par LES TROIS COUPS - dans France-Étranger 1998-2014
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