Vendredi 19 décembre 2008

 

Un grand désert narratif

 

Diling-Diling ! Une Mère Noël transgenre bat le rappel et distribue du vin chaud à l’entrée du Théâtre Marigny. L’idée est fort bonne et plutôt sympathique à l’image d’Édouard Baer, l’ex-enfant terrible de Canal+, qui présente son dernier spectacle « Looking for Mr Castang ». Mais la reprise prometteuse de ce qui s’annonçait être un voyage musical et spatio-temporel se transforme vite en un patchwork décousu. Les numéros, poussifs et sans saveur sont comme ce petit vin de Noël : ça se boit, mais attention à l’overdose de cannelle !

 

Luigi est un chef de troupe foutraque et un comédien hâbleur un peu auteur à ses heures (ça vous rappelle quelqu’un ?). À la fin d’une représentation, il est approché par l’un des plus gros magnats d’Hollywood pour jouer dans son prochain film « Tout pète à Bagdad ». Mais le nabab disparaît sans explication aucune et Luigi se lance dans une course poursuite effrénée, qui l’amènera aux quatre coins du monde. Cette fuite en avant apparaît très vite comme un prétexte pour croiser de drôles de personnages : un sage africain, un télé-évangéliste survolté, un dompteur de lune, un petit chien et son ostéopathe, et même Fernandel !


C’est brouillon. Sans doute parce que les numéros viennent s’empiler sans lien logique avec l’histoire. On a l’impression que le travail d’écriture se limite à un scribouillage improvisé sur les transitions et qu’il ne s’agit que d’une tentative de remplissage entre deux sketchs. L’aspect artificiel de cette démarche hautement assumée finit par lasser, et on a très rapidement le sentiment d’être pris en otage de cette logique. Pour résumer, Baer nous vend le florilège de sa tribu, les meilleurs gags et imitations de ses potes, avec en bonus une tirade d’Atmen Kelif en Cyrano. On cherche encore le rapport avec l’histoire.


L’idée était pourtant fort bonne : égrener des numéros de music-hall dans le canevas d’un road-movie sauce yankee. Le souci est que l’humour décalé de Baer finit par attaquer la crédibilité de l’histoire. Les comédiens préfèrent souvent commenter l’action plutôt que de la vivre. Ainsi le dandy coupe net un de ses confrères et lui jette un : « Est-ce que tu peux jouer plus juste… On est dans le VIIIe arrondissement quand même… ». Cet humour distancié a tendance à déprécier le jeu des comédiens et finit par désagréger l’attention du spectateur.


Quant à la mise en scène, elle s’enlise dans sa volonté d’utiliser des artifices à bon marché en clignant de l’œil. Le décor, volontairement bas de gamme, est composé de malles géantes de magicien sur roulettes. Un système de double fond permet aux comédiens de faire des entrées fluides et de changer de paysage en un claquement de doigts. Eux-mêmes n’y croient pas.


Évidemment, les rires fusent de temps à autre. Comment résister à la faconde illuminée de ce bateleur des temps modernes ? La séance de kiné canin et les bains de foule désespérés d’une rock star pathétique viennent compléter ce tableau avec allégresse. Bien sûr, on rit. Les gags potaches et les chansons parodiques forment même quelques rares oasis dans ce grand désert narratif. Édouard Baer, me semble-t-il, aime parler pour ne rien dire. Avec ce spectacle, il confirme cette tendance et nous livre un pâle bout-à-bout de sketchs de télévision. 


Ingrid Gasparini

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Looking for Mr Castang, de et avec Édouard Baer

Mise en scène : Édouard Baer

Avec : Édouard Baer, Christophe Meynet, Alka Balkir, Fred Tousch, Atmen Kelif, Sylvain Granjon, Gérard Daguerre, Patrick Boshart, Adriana Pegueroles, Diane Bonnot, Arnaud Aymard, Saïdou Abatcha, Abdou, Solange Meurthelle

Théâtre Marigny • carré Marigny • 75008 Paris

Réservations : 0 892 222 333

Du 16 décembre 2008 au 10 janvier 2009, du mardi au vendredi à 20 h 30 et le samedi à 17 heures et 21 heures

Durée : 2 h 15

29 € | 39 € | 49 €

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Vendredi 19 décembre 2008

 

Un match de catch au Kawa Théâtre

 

Avec un titre pareil, un son d’explosion qui souffle, le « Katch-impro » joué mercredi 17 décembre 2008 au Kawa Théâtre annonçait déjà l’énergie qui nous a tenus toute la soirée. Promesse tenue, ce rendez-vous théâtral ne m’a pas déçue.

 

On pénètre dans une salle de théâtre chaleureuse. Des éclairages ambrés teintent les banquettes beige et rouge, le bois du lieu réchauffe. La chaleur humaine se mélange, le théâtre dans sa partie public participe en lui-même à cette ambiance annoncée dès l’accueil, conviviale. Quoi qu’il en soit, un match d’improvisation implique un public présent et complice : notre espace est intégré à l’univers du spectacle. Sur scène se trouve un ring, rouge, en bonne et dure forme, rendu presque vaporeux par une fumée artificielle qui noie ses contours. On se dit que ce décor doit nous livrer quelques mystères.


Un arbitre nerveux fait son entrée. Il est précis dans ses adresses et campe un personnage autoritaire et péremptoire. Il établit immédiatement une relation au public, sollicite l’attention et crée de l’empathie. Il annonce les deux équipes qui vont s’affronter ce soir, au cours d’un match d’improvisation réglementaire.


Dans un tintamarre musical, quatre acteurs entrent (chaque équipe est mixte) par le fond de l’espace public. Chaque équipe est, à l’instar de l’arbitre, bien personnalisée. Ainsi, les « Putainféchiéc’estbonçavaquoi », rockeurs déjantés et rebelles, affronteront les « TwinPowers », créatures jet-setteuses arrogantes et masquées.


Le match commence à l’intérieur du ring, sur des thèmes fournis par le public, thèmes qui ne déstabilisent pas nos vigoureux improvisateurs. Ils font preuve d’une imagination réjouissante et créative, ce qui élève les propositions du public, qui manquent franchement d’originalité. Les interprétations sont subtiles, efficaces et poétiques. Elles témoignent d’une profonde maîtrise de la scène et du jeu d’improvisation si particulier.


La Compagnie BAO a offert ce soir une diversité de propositions, de perspectives théâtrales avec une imagination énergique, agrémentée d’un humour intelligent qui m’a réconciliée avec l’improvisation. Celle-ci use en effet trop souvent de facilités pour créer des liens racoleurs avec le public. En tout cas, quatre comédiens talentueux, prometteurs et savants, ont animé la soirée avec une technique théâtrale de qualité, sans faillir d’un bout à l’autre.


Je retournerai avec plaisir et curiosité à d’autres séances de « Katch-impro », données tous les derniers mercredis du mois dans l’espace charmant et accueillant du Kawa Théâtre. 


Ilène Grange

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Katch-impro, spectacle d’improvisation

Compagnie BAO

pascal@compagnie-bao.com

contact@kawatheatre.com

Kawa Théâtre • 18, rue Fouque • 34000 Montpellier

Réservations : 04 67 48 15 45

Les mercredis 28 janvier, 25 février, 25 mars, 29 avril, 27 mai et 3 juin 2009

Durée : 2 heures

Tarif unique : 10 €

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Vendredi 19 décembre 2008

 

La mort vous va si bien


Pierre Desproges disait : « On doit rire de tout : de la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? ». Voilà qui pourrait servir d’exergue au spectacle imaginé par Olivier Benaddi et ses acolytes. Prenant le contre-pied des comédies à la mode si souvent insignifiantes, ces jeunes comédiens ont conçu un spectacle qui crée la surprise.


On va tous mourir entame une deuxième carrière. D’abord programmé aux Enfants terribles dans le vingtième, le spectacle est désormais à l’affiche au Théâtre de Nesle, un écrin niché entre la rue Dauphine et la rue Mazarine. La « grande » salle du lieu est une cave voûtée du xviie siècle – un endroit tellement « rive gauche » qu’on n’arrive pas à y croire. Elle servira pour quelques semaines de cadre à cette création originale.


Sur scène, trois jeunes gens et trois jeunes filles pour une pièce à sketchs sur le thème de la mort. Hôpital, pompes funèbres, le décor est planté : les lieux où la mort rôde. Le principe même de l’humour noir est d’évoquer avec distance et amusement les choses les plus horribles. Ici, on y va franchement, sans épargner l’enfance (une petite fille qui vient de perdre sa mère dans un accident de voiture et qui demande sans cesse : « Elle est où, maman ? » à un chirurgien qui perd les pédales) ou le handicap.



C’est certes macabre mais jamais sinistre. Ce qui frappe d’abord, c’est le contraste entre la noirceur du propos et l’énergie juvénile des comédiens. Même si certains sont encore un peu inexpérimentés, ils font passer leur message avec conviction. Le spectacle, tout en mouvement, laisse une large place à la chanson et à des ébauches de chorégraphies, qui peut-être (concession à l’air du temps ?) enjolivent un peu trop le propos.


Pourquoi se délecte-t-on de ces horreurs ? se demande-t-on à certains moments. Mystérieux échange du plaisir humoristique. Cela tient aussi au talent du metteur en scène, qui a su introduire au bon moment une touche de poésie. Certaines parodies sont très réussies, comme celle de l’émission de radio nocturne « Au bord du gouffre » qui « aide les gens à faire le premier pas ». Ou celle du spectacle de marionnettes, qui fait passer un vent de folie aussi politiquement incorrect qu’irrésistible.


On pense bien sûr à lAnthologie de lhumour noir d’André Breton, qui a d’ailleurs été mise en scène à Paris au début de l’année par Marc Goldberg (voir les Trois Coups, 14 mars 2008). La littérature en moins, pourra-t-on regretter, mais l’énergie en plus. Le pape du surréalisme pensait que l’humour noir pouvait seul jouer le rôle de soupape au malheur des temps. Le sien, de malheur, c’était la guerre de 1914, puis la Seconde, pendant laquelle il publia son anthologie, aussitôt censurée. Notre malheur à nous est-il moindre ? Sans doute. Mais il est bien réel, et la pièce s’en fait le reflet. Le final, figurant la mort du spectacle lui-même, est assez brillant et laisse espérer une renaissance en forme de suite : un spectacle bis, plus noir encore ? 


Fabrice Chêne

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


On va tous mourir (et autres saynètes désopilantes), d’Olivier Benaddi

Compagnie Tu n’étais pas mon premier choix

Mise en scène : Olivier Benaddi

Avec : Olivier Benaddi, Nicolas de Canteloube, Camille Champagne, Anaïs Fabre, Rosabelle Forzy, Cédric Le Gallo

Théâtre de Nesle • 8, rue de Nesle • 75006 Paris

Métro : Odéon

Réservations : 01 46 34 61 04

www.onvatousmourir.com

Du 8 décembre 2008 au 20 janvier 2009, les lundi et mardi à 21 heures

Durée : 1 h 45

16 € | 12 €

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Vendredi 19 décembre 2008


Tennessee Williams revisité !


Hier soir au Théâtre des Marronniers de Lyon, on pouvait voir une représentation de la pièce qui a rendu Tennessee Williams célèbre en 1945, « la Ménagerie de verre ». Pièce de la cruauté par excellence, la Compagnie Le Songe d’une planche à vif nous en réservait une mise en scène surprenante et très rythmée.


La Ménagerie de verre raconte une histoire de famille terrible. Cela se passe aux États-Unis dans les années trente. Le père, travaillant à la Compagnie du téléphone s’est spécialisé dans les « longues distances ». Comprenez qu’il a fui sans laisser d’adresse et qu’il n’a envoyé qu’une carte postale en seize ans. Il a laissé ses deux enfants, Laura et Tom, entre les mains de leur mère Amanda, totalement détruite par l’échec de sa vie et littéralement terrifiante avec sa progéniture. Elle est folle, pour ne pas dire hystérique. Elle vit dans le souvenir de ce qu’elle a été, avant de le rencontrer lui, avant qu’ils existent eux.


Sous prétexte de leur permettre de vivre mieux qu’elle, elle les pousse, les secoue, les tiraille, les violente sans cesse. Tom rêve de partir, mais il fait son devoir et travaille dans l’entrepôt proche de chez eux, pour entretenir sa famille. Laura est une enfant fragile, « infirme ». Elle souffre d’un handicap que sa mère lui reproche de ne pas « compenser ». Elle est trop timide pour étudier et pour oser franchir le seuil de la maison. On lui cherche donc un mari, non sans peine, car elle semble dépourvue de « charme » selon sa propre mère. Ce trio infernal, rongé par les dévorants liens familiaux, rappelle par moments le théâtre de Lagarce, ou de Koltès.


Cette tragédie moderne aurait pu être pesante, on aurait pu passer une mauvaise soirée. Pourtant la pièce a été jouée de façon fraîche et légère, sans pour autant perdre son sens. Voilà le fruit d’un travail de mise en scène audacieux.


© Michel Cavalca


En effet, les trois jeunes comédiens sur le plateau intimiste du petit Théâtre des Marronniers ont été plus que surprenants. D’abord parce qu’ils ont inventé une mise en scène décapante. Ils s’échangent les rôles au fil de la pièce avec finesse et humour. Notez qu’il est assez drôle de voir une mère folle à lier mesurant 1,90 m en robe pailletée se caresser la barbe en plein repas de famille. Un quatrième personnage intervient au moyen d’un écran de télévision, nonchalamment posé au centre de la scène.


Cet écran montre d’abord une vidéo des animaux du parc de la Tête-d’Or, de « la ménagerie » que les Lyonnais connaissent bien. Puis elle se transforme en personnage à part entière. Je trouve souvent ce genre d’effet artificiel et ennuyeux. Cela n’a pas été le cas ce soir parce que le montage vidéo est pertinent et drôle, et que le comédien qui apparaît à l’écran est tout aussi méritant que les trois autres. Car c’est la force de ce spectacle. Les jeunes comédiens de la Compagnie Le Songe d’une planche à vif sont incroyables.


Ils sont jeunes, ils sont frais, ils sont beaux, ils sont inventifs et, surtout, ils sont bourrés de talent. Ils sont capables de jouer tous les rôles, de varier les registres, d’être drôles et tragiques. Ça peut en agacer certains. Tout comme le côté un peu festif du spectacle, ça a parfois des allures de spectacle de fin d’année. Moi, j’ai été séduite par leur audace, par leur exigence de qualité malgré des moyens modestes et par le fait qu’ils ont su me communiquer leur plaisir d’être là, ensemble, ce soir. Ce sont de grands jeunes comédiens qu’il faut aller voir. Décidément, le Théâtre des Marronniers ne me réserve cette année que des bonnes surprises ! 


Maud Sérusclat

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


La Ménagerie de verre, de Tennessee Williams

Compagnie Le Songe d’une planche à vif

Mise en scène : Grégoire Blanchon, puis Alexia Chandon-Piazza et Clément Bondu

Avec : Leïla Anis, Thierry Jolivet, Clément Bondu, Grégoire Blanchon

Scénographie et son : Benjamin Gilbert

Lumières : Grégoire Cutzach

Régie : Xavier Davoust

Théâtre des Marronniers • 7, rue des Marronniers • 69002 Lyon

Réservations : 04 78 37 98 17

www.theatre-des-marronniers.com

Du 10 au 23 décembre 2008 à 20 h 30, le dimanche à 17 heures, relâche les 15 et 16

Durée : 1 h 10

14 € | 11,50 €| 10 €

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Vendredi 19 décembre 2008

 

Polar absurde


C’est de cette manière que Serge Lalou, metteur en scène, définit « Page 157 » : un polar absurde. Drôle de définition. Drôle de définition pour une pièce plutôt indéfinissable, qui oscille légèrement entre théâtre et cinéma. « Page 157 » nous plonge dans un univers énigmatique, dans l’univers intrigant d’un dénommé Phil Légaré.


Cette pièce signe surtout la première apparition au théâtre – plutôt réussie – de Wilfried Romoli, danseur étoile du ballet de l’Opéra national de Paris. Wilfried incarne le rôle de Phil, un type sombre et mystérieux, au chômage depuis trois ans et récemment quitté par sa femme. Le danseur irradie la scène par sa grâce, sa présence. Son corps est extrêmement souple, réfléchi, contrôlé. Mais c’est un danseur qui sait aussi poser sa voix, être dans le rôle.


Ce que je regrette, c’est qu’il n’y ait pas eu de réelle évolution dans son personnage. On aurait aimé qu’il se dévoile au fil de la pièce, qu’il nous montre plusieurs visages. Mais cela n’est peut-être pas le parti pris du comédien, mais celui du texte ou du metteur en scène. Quoi qu’il en soit, Phil est sur la même cadence du début à la fin.



Grâce au superbe travail de Laure Lepelley (scénographe) et de Jeanne Lapoirie (lumières), nous avons réellement l’impression de pénétrer dans l’intimité de Phil, dans son petit appartement sans fenêtre, unique lieu de l’action. Les murs du théâtre sont recouverts d’images représentant un canapé, une bibliothèque… recréant ainsi à merveille l’intérieur chaleureux d’un appartement. Cela contraste avec une lumière de projecteurs très froide et qui donne un effet sombre, mystérieux, en accord avec le personnage de Phil.


Cette ambiance obscure permet également au frigo de se démarquer du reste du décor. Grand bloc lumineux, côté cour de la scène, c’est un personnage à part entière. Cassé depuis plusieurs jours, le frigo de Phil se met à lui envoyer des télégrammes. Mais c’est aussi et surtout de là que va sortir Héroïne, personnage échappé d’un best-seller policier. Situation pour le moins étrange. Phil reçoit ensuite chez lui une femme qui vient lui faire passer un entretien d’embauche. Enfin, sa voisine vient lui emprunter son aspirateur.



Phil se retrouve perdu au milieu de ces trois femmes. Réalité et fiction se mêlent et s’emmêlent : Héroïne se prend d’affection pour Phil et veut vivre avec lui dans la réalité, la femme de l’emploi se transforme en véritable enquêtrice et la voisine a l’impression de vivre dans un roman. Ces trois comédiennes, trois personnalités, savent s’imposer et occuper le plateau. Toutes les trois ont un jeu juste, efficace et pétillant.


Il y a aussi quelques touches d’humour, discrètes et bien placées. On en voudrait plus. Notamment avec l’enquêtrice, qui, je trouve, aurait pu être beaucoup plus loufoque. La comédienne Agathe Berman aurait pu pousser bien plus loin dans l’excentricité. On a l’esquisse du personnage, mais on a envie, on a besoin qu’elle en fasse plus. Qu’elle ouvre son jeu, qu’elle fasse de grands gestes, qu’elle parle plus fort… Bref, qu’elle soit plus théâtrale. Même remarque pour les autres, d’ailleurs.


C’est précisément cela qui donne un aspect cinématographique à cette pièce. L’atmosphère est très intime, les comédiens jouent comme pour une caméra. En outre, des noirs se succèdent souvent, à quelques secondes d’intervalle, servant d’ellipses à l’histoire, comme si l’on passait d’une séquence à une autre. Malgré tout, les comédiens transmettent bien le texte. Ils jouent ensemble, s’écoutent, et c’est agréable. 


Tatiana Djordjevic

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Page 157, dEmmanuel Dupuis et Bruno Dallaporta

Mise en scène : Serge Lalou

Assistante à la mise en scène : Valérie Berman

Avec : Agathe Berman, Karine Huguenin, Claire Lise, Wilfried Romoli

Costumes : Valérie Berman

Décors : Laure Lepelley

Lumières : Jeanne Lapoirie

Musique originale et son : Baptiste Houssin

Théâtre Essaïon • 6, rue Pierre-au-Lard • 75004 Paris

Réservations : 01 42 78 46 42

Du 17 novembre 2008 au 28 janvier 2009 les lundi et mardi à 21 h 30

Durée : 1 h 20

20 € | 15 € | 5 €

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