Sophie Forte est venue offrir son one-woman-show, « En toute modestie », ces vendredi et samedi derniers au Théâtre du Chien-qui-Fume. Globalement, les spectateurs ont dû passer une soirée distrayante.
Il paraît que la comédienne, habituée à jouer devant des salles pleines, a été, ce vendredi-là, déstabilisée par le public peu nombreux – soixante-dix personnes, tout de même !
Il n’en reste pas moins vrai qu’en regard d’un slogan de son dossier de presse – « Tatie Danielle, à côté, c’est du gâteau ! » –, la déception fut perceptible. On attendait plus d’irrespect, de cruauté, de méchanceté…
Certes les sketches sont intelligents, sans vulgarité, bien joués, et notre quotidien est assez finement observé. Mais ils manquent de rythme et égratignent plus qu’ils ne blessent.
Quelques « morceaux » sortent néanmoins du lot : Pauvre Stendhal, où elle adapte le texte d’Henri Beyle aux élèves d’un lycée dit « sensible » ; Réunion de copropriétaires, où la communication vire au cauchemar ; Moi, moi, moi, où elle porte un vrai regard clinique sur l’ego démesuré des artistes. Là, nous avons retrouvé la Sophie Forte que nous avions découverte dans « Rien à cirer », sur France-Inter, capable de dire les pires horreurs avec un visage d’ange. ¶
Vincent Cambier
En toute modestie, de Sophie Forte
Le Chien qui fume • 75, rue des Teinturiers • Avignon
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