Jeudi 29 juillet 2004

 

Notre devoir d’homme

 

Avec un culot fou, Vincent Roca s’attache hardiment à nous prouver qu’il est un sale type ! Manque de pot : après une démonstration extrêmement brillante, jalonnée de pépites d’intelligence et de drôlerie, retaillées par un orfèvre minutieux, amoureux du travail bien fait, il ne nous convainc que d’une vérité : Roca est un type bien et un grand homme de scène.

 

 

Mine de rien, avec élégance, il aborde les souffrances de notre société barbare en en diagnostiquant les causes masquées. De plus en plus masquées par un système fascisant. Il débusque nos maux pour mieux nous renvoyer, avec une grâce grave, à notre devoir de lucidité. À notre devoir de résistance. À notre devoir de citoyen. À notre devoir d’homme.

 

Ce spectacle impeccable et nécessaire est mis en scène par François Rollin à la manière des grands : transparente. 

 

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Sur le fil dérisoire, de et avec Vincent Roca

Texte : Vincent Roca et François Rollin

Mise en scène : François Rollin

Assistante : Delphine Gustau

Lumières : Tom Klefstad

Costume : Sophie Weyeneth

Théâtre du Chêne-Noir • 8 bis, rue Sainte-Catherine • Avignon

Tél. 04 90 82 40 57

Du 8 au 31 juillet à 11 heures (1 h 20)

20 € et 14 €

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Mercredi 28 juillet 2004

 

Il va falloir régler les comptes !

 

Quoi de plus douloureux pour un fils que la perte de son père ? Arrabal, apparemment, ne s’en ai jamais remis. Mais quoi de pire si cette mort est due à la trahison de sa mère ?

 

Alors, il va falloir régler les comptes ! C’est le sujet de Lettre d’amour comme un supplice chinois. Supplice, car le fils ne peut s’empêcher d’aimer sa mère passionnément.



Tout le monde parle de l’interprétation extraordinaire de Victoria Cocias. En ce qui me concerne, je pense que son jeu est emphatique, larmoyant, grandiloquent, donc peu émouvant.

 

En revanche, Dragos Stemate, plus sobre, plus nuancé, plus intériorisé me convainc beaucoup plus, sans toutefois me tirer les larmes.

 

La mise en scène de Radu Dinulescu est fluide et efficace. 

 

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Lettre d’amour comme un supplice chinois, de Fernando Arrabal

Mise en scène : Radu Dinulescu

Avec : Victoria Cocias (la mère), Dragos Stemate (le fils) et Emilia Dobrin (la voyante)

Décors et costumes : Sanda Mitache

Musique : QUED

Théâtre du Bourg-Neuf • 5 bis, rue du Bourg-Neuf • Avignon

Tél. 04 90 85 17 90

Du 8 au 31 juillet à 19 heures (1 heure)

10 € et 7 €

Avec le concours de l’Agence intergouvernementale de la francophonie (ministère de la Culture)

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Mardi 27 juillet 2004

Un grand homme

  

Madame Raymonde est un des rares spectacles exceptionnels du Festival d’Avignon 2004. La messe est célébrée tous les soirs au Chien-qui-fume, à minuit. L’heure du plaisir, l’heure de l’ivresse, l’heure de la vérité, l’heure de la beauté, l’heure de l’amour.



Sébastien Mesnil est un superbe Zèbre, un grand accordéoniste et un grand complice. Denis d’Arcangelo est un grand comédien, un grand chanteur, un grand musicien, un grand homme. C’est une « évidence » pour qui a une intelligence, pour qui a un corps, pour qui a un cœur, pour qui a une âme.

 

Après le « Ite, missa est ! », la vie sera désormais plus terne.

 

Pourquoi en dire plus ? 

 

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Madame Raymonde, de Philippe Bilheur et Denis d’Arcangelo

Avec : Denis d’Arcangelo (chant et jeu) et Sébastien Mesnil (le Zèbre, accordéon et voix)

Lumières : Célio Ménard

Photo : Brigitte Enguerand

Le Chien qui fume • 75, rue des Teinturiers •  Avignon

Tél. 04 90 85 25 87

Du 8 au 31 juillet à minuit, sauf le 20 juillet (1 h 15)

14 € et 10 €

Coréalisation Passion Pilote • 7-9, rue Moreau • 93200 Saint-Denis

Tél. 01 48 13 13 13 – télécopie 01 48 13 13 14

et Le Chien qui fume • Avignon

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Lundi 26 juillet 2004

 

Sans « quatrième mur »

 

Salvatore Caltabiano donnait son premier solo théâtralo- musical le samedi 24 juillet 2004 au Théâtre des Trois- Pilats, dans le cadre du Festival off d’Avignon. C’était une « première mondiale » ! Et avec grand succès, s’il vous plaît ! Mais, revenons un peu en arrière…

 

J’ai connu cet olibrius dans les années 1990, à la faculté de lettres d’Avignon. Il était là en dilettante, car le germe de la comédie était déjà inoculé dans son sang. Il était au terme de ses cours au conservatoire d’art dramatique d’Avignon, sous la férule bienveillante de Louis Beyler et de Pascal Papini.

 

Puis, comme tous les autres ou presque, il est « monté » à Paris. Il a multiplié les petits boulots et, au bout de trois mois, il a obtenu un rôle dans Tartuffe. Sa « carrière » commençait…


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Un naturel confondant

Retour à Avignon 2004. Depuis quelque temps, il avait envie de créer un spectacle intime, où la communication s’établirait sans barrières, sans « quatrième mur », où il prendrait le risque de la rencontre directe avec le spectateur.

 

Par ailleurs, il notait depuis des années ses propres observations sur le monde. Et, sans pour autant occulter son soubassement tragique, il voulait en donner une interprétation humoristique, car « ça permet de prendre la vie comme une fête ou, au moins, ça allège la souffrance ».

 

L’humour, aussi, « donne des codes de fonctionnement inhabituels, empreints de dérision », « change le point de vue dans la relation acteur-spectateur », « inverse même cette relation par le jeu du langage ».

 

À force de jouer sur les mots dans les Femmes, le Chocolat et moi, Salvatore Caltabiano semble surpris lui-même par ce qu’il dit. En ce sens, on peut croire qu’il improvise. Mais, bien sûr, tout est écrit. Et restitué avec un naturel confondant.

 

Les chansons qui ourlent ses sketches sont toutes marquées du sceau de la poésie et du rire. Les Salades, Week-end à Paris, la Vendeuse de sacs à main, le Cochon, Sors avec moi ! et le Chocolat, chantées par Salvatore à la guitare, rendent un hommage discret à Brassens, Bénabar, les Têtes raides…

 

Toutes murmurent le même message : « Prends le temps de découvrir l’autre ! »

 

Décidément, les Femmes, le Chocolat et moi ne ressemble à rien d’autre ! 

 

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Les Femmes, le Chocolat et moi, de et avec Salvatore Caltabiano

Théâtre des Trois-Pilats • 18, place des Trois-Pilats • Avignon

Tél. 04 90 85 67 74

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Mardi 20 juillet 2004

 

Une énigme d’interprétation

 

Les Partitions frauduleuses données par la Compagnie du Midi restent pour moi un mystère. Total. Une énigme d’interprétation et de direction d’acteurs dont je n’ai pas les clefs. Et, de toute façon, je n’ai même pas trouvé la serrure.



Pourtant la représentation partait sur les chapeaux de roue. Dans la première partie – la pièce en compte trois –, à l’âge de l’enfance, les cinq comédiens, excellents (la palme à Yann de Monterno), par leur jeu mécanisé, réglé comme du papier à musique, sont en osmose avec le propos de Visniec sur l’absurdité de notre système d’éducation.

 

Ensuite, et jusqu’à la fin, ça se dégrade de minute en minute jusqu’à la consternation totale. Le jeu part dans l’hystérie et « progresse » inéluctablement vers le n’importe quoi. À partir de là, Visniec a beau nous dire des choses intéressantes, je m’en fous comme de mon premier pantalon. Je ne vois que des ectoplasmes qui s’agitent frénétiquement sur le plateau, j’attends la délivrance de la fin. Elle n’arrive qu’au bout de une heure et dix minutes… 

 

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Partitions frauduleuses, de Matéï Visniec

Mise en scène : Antoine Chalard

La Compagnie du Midi • 13, bd de Magenta • 75010 Paris

Tél. : 01 53 28 10 21

Courriel : compagniedumidi@free.fr

Avec Françoise Guiol, Marie-Pierre Perez, Antoine Chalard, Florent Malburet et Yann de Monterno

Lumières : Aurélien Amsellem

La Condition des soies • 13, rue de la Croix • Avignon

Tél. : 04 32 74 16 49

Du 7 au 31 juillet à 18 h 15 (1 h 10) jours impairs

15 € et 11 €

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