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Femmes avec piano cherchent homme
de leur vie
Le duo Luna-tic ne révolutionne pas le théâtre, mais son « Obladiblada » est un moment rafraîchissant et sympathique.
« Obladiblada »
Oubliez tout de suite les Beatles et leur tube Obladi-oblada : « obladiblada », on l’apprend ici, est un dicton africain qui signifie, en gros, « ce qui doit arriver arrivera ». Ça tombe bien : les deux demoiselles cherchent le grand amour. Ou plutôt, l’une le cherche activement et l’autre fait semblant de ne pas le chercher, attendant d’« être trouvée ». Et, comme dans tout duo comique qui se respecte, elles sont complémentaires, au physique comme au moral : à Stéfanie Lang, la grande plus élégante aux cheveux soigneusement ramenés contre les tempes ; à Judith Bach, le clown facétieux à la tignasse en pétard.
Rien que du très classique, donc, mais le cocktail est pétillant et léger. Les deux jeunes femmes expérimentent plusieurs méthodes pour trouver un homme, et c’est souvent assez cocasse, comme lorsque Mlle Claire de Berlin (Judith Bach) se tient debout sur une chaise à plumes en brandissant une pancarte avec son numéro de portable, afin qu’un spectateur daigne lui envoyer un S.M.S. enflammé.
Un duo attachant
Il y a aussi, mine de rien, un petit côté virtuose en plus des péripéties sentimentalo-comiques. Un peu comme en remplacement de cet homme tant attendu, les deux femmes se vengent sur leur piano à roulettes, dont elles jouent parfois ensemble, parfois en se relayant habilement, ou encore à l’envers, en courant, sautant… De même, elles passent aussi avec facilité d’une langue à l’autre, avec bien sûr quelques quiproquos à la clé, quand l’allemand, l’italien et le français se télescopent – les demoiselles sont suisses. Tout cela fait des Luna-tic un duo attachant, même si la créativité musicale et la mise en scène pourraient peut-être passer à la vitesse supérieure.
Pour finir, on tirera un coup de chapeau particulier à Judith Bach, dont la présence scénique est éclatante, autant que son large et facétieux sourire. On se prend régulièrement à guetter sa prochaine pitrerie, ou le prochain regard complice qu’elle adressera au public, avec une naïveté rusée qui rappelle certaines expressions de l’excellent mime Julien Cottereau (ce qui n’est pas peu dire) et qui fait chavirer les spectateurs. ¶
Céline Doukhan
Les Trois Coups
Obladiblada, de Judith Bach et Stéfanie Lang
Duo Luna-tic • 79a, rue V.-Malnati • 1217 Meyrin • Suisse
0041 0 79 775 33 16
Mise en scène : Tom Ryser
Avec : Judith Bach, Stéfanie Lang
Lumière : Franck Michallet
Le Petit-Chien • 76, rue Guillaume-Puy • 84000 Avignon
Réservations : 04 90 85 25 87
Du 8 au 31 juillet 2011 à 12 h 35
Durée : 1 h 5
17 € | 12 €




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