En direct d’Avignon
Poème électrisant
François Chaffin est un vieil habitué du Off d’Avignon. Il écrit et interprète, au Théâtre Girasole, « Prométhée, poème électrique », un des spectacles les plus beaux et les plus originaux de la cuvée 2011.
« Prométhée, poème électrique » | © Ernesto Timor
« Voilà. Le temps a commencé, la terre a roulé, les dieux fumaient dans les nuages, et finalement les hommes se sont fait une vie… Comme des fourmis. Au fond d’une grotte, stupides, effarouchés ; des yeux oui, mais ils ne voyaient rien, des oreilles oui, mais ils n’entendaient rien, une tête et des jambes et la queue oui, mais pas de bon sens ! Zeus ne les aimait plus : “Plèbe, plèbe, qu’il gueulait, tous ratés, trop petits et tout nus, fragiles, pas finis, bientôt charognes, mortels ! Au trou les hommes, à la béance et qu’on ne m’en parle plus !” »
Le ton est donné d’emblée : radical et poétique. Chaffin n’est pas du genre à se branler avec des circonlocutions « littéraires ». Il balance des directs au foie tout de suite. Sans compter. Il est pas radin, le boxeur Chaffin. Du coup, il ne se ménage pas et ne nous épargne pas non plus. Il nous bouscule et nous accule dans les cordes. Pas pour nous laisser groggy. Pour nous réveiller. Pour rallumer les braises d’humanité et de révolte qui rougeoient encore ou qui s’éteignent doucement au fond de notre âme.
Des gavroches à la gouaille étincelante
Au xxie siècle, Chaffin-Vulcain forge un oratorio rock de la résistance en mot majeur. Car c’est un écriveur – et mélodiste – avant tout, le François. Amoureux furieux de la langue française, il la lutine, il la viole au besoin, et lui fait de beaux enfants. Des gavroches à la gouaille étincelante. D’ici et maintenant, de notre époque. Il vocifèrarpège, il susurrhurle, il violoncelleradicalise sa partition, en osmose avec Benjamin Coursier, aux guitares et aux machines. Parce qu’il y a urgence. Y’a le feu, merde, vous comprenez ?
Combattant de la conscientisation, le comédien aux allures d’archange va, court, vole et nous venge. Chaffin frôle Higelin, effleure Ferré. Il finit en eau. Il nous a tout donné. Prométhée, poème électrique, c’est exactement ce qu’on appelle une grande claque dans la gueule. Bien reçu ? À vous de voir, maintenant… ¶
Vincent Cambier
Les Trois Coups
Prométhée, poème électrique
Textes, voix et lumière : François Chaffin
Guitares et machines : Benjamin Coursier
Esthétique sonore : Denis Malard
Regards et mouvements, régie : Céline Liger
Images projetées : Julien Defaye
Photo et artwork : Ernesto Timor
Une production du Théâtre du Menteur
Coproduction : villes de La Norville, Saint-Germain-lès-Arpajon, Arpajon
Soutiens : Association Beaumarchais (S.A.C.D.), abbaye de Royaumont, Le Tracteur-Cie Beaudrain-de-Paroi, services culturels des villes de Marcoussis, Cerny et Vert-le-Grand, Théâtre de la Grange (Brive-la-Gaillarde)
Coréalisation : Théâtre du Pavé (Toulouse), La Loge (Paris)
Le Théâtre du Menteur est subventionné par la D.R.A.C. Île-de-France, le conseil régional d’Île-de-France et le conseil général de l’Essonne
Le Théâtre du Menteur est en résidence sur les villes de La Norville, Arpajon et Saint-Germain-lès-Arpajon
François Chaffin est artiste associé à la Scène nationale de Dieppe
Diffusion : Élodie Couraud | elocouro@gmail.com
Théâtre Girasole • 24 bis, rue Guillaume-Puy 84000 Avignon
Réservations : 04 90 82 74 42
Du 6 juillet au 29 juillet 2011 à 16 h 40 (relâche le 21 juillet 2011)
15 € | 10 € | 5 €




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