Entretien avec Denis Lebas
Le directeur du festival Jazz sous les pommiers est interviewé par « les Trois Coups ».
Denis Lebas | © Jean-François Picaut
Les Trois Coups. — Le festival Jazz sous les pommiers fête cette année son trentième anniversaire. L’an dernier, vous nous déclariez : « Notre idée, dans l’esprit du vingt-cinquième, est de fêter cet anniversaire avec le plus grand nombre plutôt qu’avec une poignée de privilégiés ». Comment cette intention se traduit-elle dans le programme de cette année ?
Denis Lebas. — Par un final exceptionnel, la « folle parade ». Un défilé de dix fanfares : batucadas, fanfare des Balkans, créole ou orientale, fanfare d’harmonie et même de cirque. C’est gratuit et ouvert à tous. Ce sera la manière que nous avons choisie de fêter cet anniversaire avec le plus grand nombre.
Les Trois Coups. — Un festival comme le vôtre est amené à innover chaque année. En dehors de ce qui est lié au trentième anniversaire, quelles sont les innovations de cette année ?
Denis Lebas. — Deux concerts décentralisés : l’un qui réunira Olivier Ker Ourio et Manuel Rocheman dans un atelier de menuiserie d’art ! et un autre, en bord de mer, intitulé « Jazz, huîtres et vélos » avec André Minvielle, Lionel Suarez et la fanfare Baby Brass Band. Un dimanche (le 29 mai) consacré aux grandes formations que nous avons intitulé « Un dimanche XXL ». Nous avons aussi une très grosse création réunissant Jacques Gamblin et Laurent de Wilde, qui partira ensuite sur les routes françaises en 2012.
Les Trois Coups. — Trente ans, pour un homme, c’est l’âge de la maturité. C’est aussi, fréquemment, l’heure des choix de vie. Comment envisagez-vous l’avenir de Jazz sous les pommiers dans les prochaines années, voire pour la décennie à venir ?
Denis Lebas. — Nous sentons cette année que le festival commence à s’inscrire dans le paysage des festivals européens. C’est un changement d’échelle, mais nous devons rester nous-mêmes. Le festival n’a pas de plan de carrière… Nous avançons sagement, et le festival poursuit sa route, année après année. Les financements se font plus rares, et il semble difficile d’avoir des perspectives sur le long terme.
Les Trois Coups. — La résidence d’Andy Sheppard a pris fin avec l’année 2010. Elle aura considérablement marqué les cœurs et les esprits. À défaut de nous donner le nom de celle ou de celui qui lui succèdera, pouvez-vous nous donner une idée de l’état de vos réflexions sur le sujet ?
Denis Lebas. — Nous choisirons sous peu son successeur (au masculin ou au féminin !). C’est un axe fort de notre projet artistique qui se décline sur trois ans selon trois chapitres : création, formation, diffusion.
La barre est haute… mais nous nous efforcerons de faire le bon choix, qui devra allier des qualités musicales à des qualités humaines.
Les Trois Coups. — Un coup de cœur à partager avec les festivaliers, pour cette trentième édition ?
Denis Lebas. — Le groupe brésilien Barbatuques. Je suis passionné par les percussions et le travail vocal, or ce groupe mélange les deux ! Les mélodies brésiliennes sont souvent joyeuses, raffinées, et en ce moment, c’est vraiment quelque chose que j’ai envie de partager. C’est aussi un groupe qui a très peu tourné en France, donc une vraie découverte.
Les Trois Coups. — Merci, Denis Lebas et rendez-vous à Coutances, à partir du 28 mai prochain.
Denis Lebas. — Merci à vous. Nous serons ravis d’accueillir les lecteurs des Trois Coups. ¶
Propos recueillis par
Jean-François Picaut
Les Trois Coups
Jazz sous les pommiers 2011
Du 28 mai au 4 juin 2011 à Coutances (Manche)
http://www.jazzsouslespommiers.com
Contact public : Les Unelles • BP 524 • 50205 Coutances cedex
Tél. 02 33 76 78 50 | télécopie 02 33 45 48 36
Billetterie : 02 33 76 78 68 (du lundi au samedi, et tous les jours pendant le festival)




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