« Ah, la fidélité ! »
Les Trois Coups. — Stéphane Kochoyan, comme directeur du festival Orléans’ Jazz, vous avez toujours voulu un festival accessible à tous. Pourriez-vous nous dire ce que cela signifie concrètement pour vous ?
Stéphane Kochoyan. — Il y a une surenchère venue à la fois des producteurs de concerts, de certains artistes et de leurs représentants qui font monter les enchères… Ainsi, le prix des places et des cachets augmentent. À Orléans, nous travaillons avec des artistes et des partenaires réguliers, fidèles, qui n’ont pas des exigences au-dessus de nos moyens et qui partagent notre éthique. Nous voulons donc avec la ville d’Orléans mettre le jazz à la portée de chacun, avec 80 % de concerts gratuits au jardin de l’Évêché, dans les médiathèques, dans le quartier Bourgogne, avec aussi une tarification responsable qui propose des réductions pour les étudiants, les jeunes, les écoles de musique, des abonnements pour tous au Campo Santo. Nous nous situons parmi les festivals les moins chers en Europe, et l’on peut écouter des artistes du local à l’international…
Les Trois Coups. — De même, vous avez toujours voulu mettre en avant la scène jazz française et les talents de demain : comment cela se traduit-il dans cette édition ?
Stéphane Kochoyan. — Nous concevons le jazz dans sa diversité et programmons tous les styles de jazz, sans exclusion et avec un esprit d’ouverture sur des musiques voisines comme la world et avec l’envie intacte d’accueillir la nouvelle génération du jazz. Au jardin de l’Évêché avec l’opération « Lauréat du monde », nous rassemblons l’actualité du jazz, avec des jeunes musiciennes et musiciens récompensés par les victoires du jazz, les djangos d’or, l’académie du Jazz, Must TSF, Choc Jazz magazine, etc. tels que Thomas Enhco, Géraldine Laurent, et les grands musiciens français tels que cette année Bernard Lubat et Laurent de Wilde.
Les Trois Coups. — Vous nous avez dit que la ville et la région sont étroitement associées à cet évènement : comment cela se réalise-t-il ?
Stéphane Kochoyan. — Notre volonté est d’accompagner les artistes de la région Centre, tels le trio Lavollée-Dubreuil-Larmignat qui présente son nouvel album produit par l’association orléanaise Ô jazz, et d’en révéler d’autres à travers notre tremplin dont le niveau artistique s’est particulièrement élevé avec un jury de professionnels reconnus. Nos partenariats avec le conservatoire et les écoles de musique (Jazz à Tours) sont aussi renforcés.
Les Trois Coups. — Quelle est votre principale fierté, Stéphane Kochoyan, pour cette programmation 2011 ?
Stéphane Kochoyan. — Avoir été nommé il y a cinq ans après un concours au milieu de plus de 80 candidats de très haut niveau, et avoir été accueilli par les Orléanaises et Orléanais autour des valeurs de partage et de passion pour la musique de jazz. Nous avons fidélisé de grands musiciens tels que Chucho Valdés, reformaté l’évènement, doublé la fréquentation du festival en révélant de jeunes et grands musiciens tels que Tigran Hamasyan. Cette année nous allons présenter un spectacle « jeune public » gratuit pour des centaines d’écoliers orléanais…
Les Trois Coups. — Pour terminer, une question plus anecdotique : comment avez vous eu l’idée de cette rencontre entre Bobby McFerrin et Manu Katché ?
Stéphane Kochoyan. — Ah, la fidélité ! Bobby McFerrin se souvient que, en 1997, il s’était copieusement arrosé sur scène en signe de solidarité avec les 2 000 spectateurs qui l’avaient écouté sous la pluie. Bobby nous a proposé une rencontre en exclusivité avec le quartette de Manu Katché avec qui nous entretenons aussi une relation privilégiée. Les artistes se connaissent et nous connaissent bien et, j’insiste, sont à l’initiative du projet. Ils n’ont jamais joué ensemble et ont choisi Orléans (et Nîmes) pour improviser ensemble. Ce seront les deux seuls concerts de Bobby en France cette année. Cela change des tournées internationales de promotion formatées par les majors compagnies.
Les Trois Coups. — Merci à vous, Stéphane Kochoyan, de vous être prêté de bonne grâce aux questions des Trois Coups.
Stéphane Kochoyan. — Merci à vous, c’était un plaisir de parler de jazz, et nous attendons vos lecteurs à Orléans… ¶
Propos recueillis par
Jean-François Picaut
Les Trois Coups
Orléans’Jazz 2011
Du 21 juin au 2 juillet 2011




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