Samedi 17 mai 2008

 

Un pari réussi

 

Ce mois-ci, c’était la troisième pièce de Koffi Kwahulé que j’allais voir, dans le cadre d’une programmation en son honneur au Lavoir moderne parisien. Je n’avais pas réussi à comprendre « Big Shoot », j’avais été bouleversée par « le Masque boiteux » et, cette fois-ci, je suis ressortie satisfaite de « Jaz », mis en scène par David Farjon et joué par la marathonienne Emmanuelle Azeroual.

 

Pourquoi cette comparaison sportive ? Eh bien parce que cette jeune actrice est seule sur scène pendant une heure pour nous raconter l’histoire de Jaz, son amie. « Je ne suis pas ici pour parler de moi, mais de Jaz », assène-t-elle. Et c’est ce qu’elle accomplit avec la même subtilité, la même force et le même engagement du début jusqu’à la toute fin de la pièce. Le récit est violent, acerbe et dérangeant, comme semble-t-il la plupart des œuvres de Koffi Kwahulé.

 

Emmanuelle Azeroual réussit avec brio à nous en faire partager la douleur. Comme si elle incarnait Jaz en personne, l’héroïne absente, cette jeune fille à la beauté « indécente », et dont le traumatisme est vécu et raconté ici. Cette performance n’en est une que parce que son ton est toujours juste. Cependant, une faiblesse m’a marquée : il s’agit d’une légère maladresse dont témoigne son jeu corporel. Lorsqu’elle arpente la scène, sa voix remplit l’espace, alors que son corps, lui, semble s’y perdre.

 

La principale difficulté réside bien dans cet espace vide, car la scène du théâtre a été laissée brute, sans mobilier ou accessoires de toutes sortes, qui auraient été bien superflus dans cette histoire où ni lieu ni époque ne sont cités. C’est là qu’intervient le travail scénographique. Par l’utilisation d’une vidéo projetée sur le mur du fond, il fait apparaître la silhouette fixe de l’actrice en contre-jour. Ces images, qui interviennent à plusieurs reprises dans le récit, apportent au spectacle rythme et ponctuation, mais surtout lyrisme et esthétisme. Et tout cela sans jamais remettre en cause la sobriété de la mise en scène, plus que jamais indispensable pour accompagner de tels propos.

 

Choisir cette œuvre était un choix risqué, mais toute l’équipe de la Compagnie Lavomatic s’en sort plutôt bien. La force et la justesse du jeu d’acteur, alliées à la sobriété et au lyrisme de la mise en scène et de la scénographie font de Jaz un pari réussi. 

 

Kandida Muhuri

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Jaz, de Koffi Kwahulé

Compagnie Lavomatic

Mise en scène : David Farjon

Collaboration artistique : Audrey Evalaum

Avec : Emmanuelle Azeroual

Création costume : Vanessa Doger

Scénographie : Muriel Bétrancourt

Création lumière : Anne Muller

Composition sonore : Amandine Casadamont

Lavoir moderne parisien • 35, rue Léon • 75018 Paris

Réservations : 01 42 52 09 14 ou resa@rueleon.net

Du 13 mai au 17 mai 2008 à 21 heures

Durée : 1 heure

15 € | 10 € | 5 €

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Samedi 17 mai 2008

 

Les grenouilles ont la cuisse légère

 

« Un jour, mon prince… » est une revue coquine, interprétée par deux sopranos et un pianiste. Du théâtre musical léger et brillant autour de l’amour et de ses mots. Une fantaisie pétillante.

 

La lettre d’amour comme fil conducteur du récital de l’Équipe Rozet. Depuis les balbutiements d’une déclaration jusqu’aux séparations déchirantes, en passant par la passion dévorante, elle rapproche, unit et désunit ceux qui s’aiment. Un jour mon prince évoque les étapes d’une histoire d’amour passionnée, loin des clichés déprimants du xxie siècle. Pas d’idées noires et de pensées tristes, que du gai, du léger, du mutin, du fripon.

 

Dans un décor intimiste mais efficace – un piano, des bocaux avec à l’intérieur des grenouilles, symbole s’il en est du Prince charmant, et deux pans de mur sur lesquels les chanteuses se perchent. Anne-Lise Faucon, Jeanne-Marie Levy et Pascal Hild, accompagnés au piano et aux percussions, poussent la chansonnette avec vigueur sous des jeux de lumière rouge façon revue de cabaret. Les artistes ont du coffre, et c’est pour mieux faire vibrer leurs spectateurs.

 

Si Anne-Lise Faucon, espiègle et spontanée, au physique juvénile, incarne l’amour léger et polisson, Jeanne-Marie Levy, bucolique et plus mûre, renvoie à l’amour vache et inconditionnel. Les deux figures féminines composent avec brio un duo d’une parfaite complémentarité : complémentarité des corps – la première est aussi menue que la seconde est pulpeuse –, complémentarité du jeu de scène – Anne-Lise est dans la surenchère et la mimique, Jeanne-Marie dans la gradation et l’émotion – et complémentarité des voix, qui s’accordent à merveille.

 

 

Loin de n’être qu’un récital, Un jour mon prince est plutôt la mise en scène pétillante et amusante de chansons coquines, mais jamais vulgaires. Aussi comédiennes que chanteuses, les deux sopranos rivalisent d’imagination pour jouer leur texte et relier habilement les morceaux, avec des passages parlés, récités, mimés autour des étapes de l’amour : la séduction, la passion et la séparation.

 

Le répertoire – des chansons françaises des années 1930 et des airs d’opérette – promène le spectateur entre les mœurs d’hier et d’aujourd’hui. Les jeunes filles naïves se font engrosser par les garçons pleins de fougue sous l’œil réprobateur de maman, les amoureux éconduits écrivent des sonnets sous les fenêtres de leur belle, tandis que les coquettes se disputent les faveurs des beaux garçons.

 

On reconnaîtra les airs populaires de la Peau Léon ou de Ô mon bel inconnu, les chansons paillardes détournées pour être encore plus drôles et les histoires chantées érotiques et audacieuses, à coups de fusil et de prunes (on vous laissera le soin de comprendre les sous-entendus).

 

Et en parlant de sous-entendus, pas d’inquiétude : le récital est grand public. Petits et grands adultes seront réceptifs et même aux aguets à l’écoute des chansons suggestives et poilantes du trio dynamique et jovial. Impossible de ne pas adhérer, impossible de ne pas succomber. Un très bon moment qui ravira les réticents à l’opéra, déridera les plus sérieux et fera rire aux éclats tout le monde. 

 

Julie Olagnol

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Un jour, mon prince…, de l’Équipe Rozet

L’Équipe Rozet • 31, rue des Charmettes • 69100 Villeurbanne

06 86 46 92 53

chargedeprod@free.fr

Mise en scène et conception : Bernard Rozet

Chant : Anne-Lise Faucon et Jeanne-Marie Levy

Direction musicale et piano : Pascal Hild

Costumes : Éric Chambon

Scénographie : Bernard Rozet et Jérôme Sauvion

Création lumière : Ludovic Charrasse

Chargés de production : Sabrina Novak et Franck Pey-Hugonin

Régie : Xavier Davoust

Théâtre des Marronniers • 7, rue des Marronniers • 69002 Lyon

infos@theatre-des-marronniers.com

www.theatre-des-marronniers.com

Réservations : 04 78 37 98 17

Du 14 mai au 1er juin 2008 à 20 h 30, dimanche à 17 heures, relâche les lundi et mardi

Durée : 1 h 30

13 € | 11 € | 10 €

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Samedi 17 mai 2008

 

Histoires de morts

 

Tout est histoire de mots. On aurait pu s’en douter. Venant d’une pièce qui reprend les morts des autres. « Ni le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face » : la sentence est attribuée à Héraclite, philosophe du temps où les mythes s’accouplaient à l’Histoire et les dieux aux humains. D’Œdipe à Meursault, de l’antique au moderne, l’homme qui approche de trop près la vérité s’est toujours brûlé les yeux, sinon les ailes. Voilà le fatal éblouissement. Parce qu’il cherche à mettre des mots sur l’anagramme de Dieu – le vide –, l’homme court à sa perte.

 

Dominique Pitoiset a demandé à Wajdi Mouawad de revenir sur les premières tragédies, sur l’homme des débuts. Quand l’homme-pantin s’éveille sur une musique de conte de fées, deux marionettistes le redressent. Ce sont les hommes qui font se mouvoir les hommes sur une scène semblable aux loges d’un cabaret : des bancs, des acteurs, des portants et des marottes pour que l’humain puisse librement jouer son histoire. C’est d’un « antidispositif » dont parle Pitoiset. Tout est encore ouvert, rien n’est disposé.

 

Puis, par derrière, un grand écran comme le ciel se dresse et s’illumine. DIEUX, y a-t-il écrit dessus. Voilà le Verbe. Les noms, les mots arrivent. Le ciel est habité. La tragédie peut commencer. Avec Cadmos, puis Laios, puis Œdipe, Mouawad reparcourt les mythes des origines de notre civilisation. Cadmos, fonde des villes – dont Thèbes –, apporte l’écriture aux hommes. Laios, à partir du socratique « connais-toi toi-même », engendre malgré lui le moderne « qui suis-je ? » d’Œdipe, qui occupe maintenant toute l’humanité. Voilà en peu de mots l’histoire de la destinée humaine : en trois personnages, les parangons de l’homme qui court, qui court, poussé par son désir et sa curiosité de savoir – « qu’est-ce qui nous regarde ? ».

 

Tout est parti de l’enlèvement d’Europe. Poussé par la guerre, Mouawad, quittant le Liban pour le Québec, n’a fait que la survoler. Avec Cadmos et sa descendance, avec sa verve épique et son penchant lyrique, il retraverse la culture du continent à la vitesse grand V. À la manière du spectateur antique jouissant de voir réécrites et réinterprétées des histoires qu’il connaissait déjà, le spectateur moderne tente de le suivre, d’allusions mythologiques en situations exhumées. Seulement Harmonie, Chrysippe, Hippodamie lui restent largement méconnus, fût-il bien lettré. À l’antique, les comédiens narrent plus qu’ils ne jouent, face public. À la moderne, dans un débit serré, monotone et pressé, ils sèment le spectateur sur la route de Thèbes. Pas vraiment didactique ni franchement poétique, drôle par intermittence, aucun ton ne parvient ainsi à s’installer. On aperçoit comme des poissons fuyants les thèmes sous la surface du texte qui s’entrelacent sans se laisser pister. Les dessins simples et animés, en fond d’écran, façon série pédagogique sur l’Histoire de l’Homme du temps de FR 3, charment puis paraissent sous-exploités.

 

Arrive Œdipe. Son odyssée nous concerne plus directement. Elle est envisagée sous l’angle de la modernité, d’un homme à la parole technologisée qui risque de s’effacer derrière la machine (après les dieux, voilà peut-être la nouvelle « machine infernale » ?). Le dialogue robotisé, doublé d’une musique à la Michael Nymann, offre une poignante rencontre entre Œdipe et la Sphynge. Le propos devient plus aéré. À les voir écrits, les mots reprennent du sens, le texte de son intérêt.

 

Tout est histoire de mots. Des mots que cherche l’homme pour savoir qui il est, pour savoir de quoi demain sera fait. Cadmos a vu Pallas, Laios consulté Tirésias et Œdipe la Pythie hospitalisée de Pitoiset. Tout est histoire de morts aussi, des morts qu’inévitablement l’homme sème sur le chemin de son Histoire dans des conflits dont l’œuvre de Mouawad s’est naturellement imprégnée. C’était écrit, nous dit la destinée. C’est écrit, prévient l’Histoire. Pitoiset voulait par les mots faire revivre les premiers Prométhée, du côté de l’Histoire, pour que nos tragédies restent humaines et réversibles. Trop vaste, trop large, le projet s’est retrouvé noyé sous des mots dont beaucoup encore, à l’issue du spectacle, me demeurent inexpliqués. 

 

Éric Demey

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face, de Wajdi Mouawad

Projet et mise en scène : Dominique Pitoiset

Assistant à la mise en scène : Noureddine el-Ansari

Avec : Nadia Fabrizion, Philippe Gouin, Nicolas Rossier

Manipulatrices : Inka Arlt, Patricia Christmann

Illustrations : Kattrin Michel

Mis en musique par André Litolff

Lumières : Christophe Pitoiset

Bruitages : Dominique Aubert

Son : Michel Maurer

Vidéo : David Dours

Costumes : Odile Béranger

Maquillages : Cécile Krestchmar

Conseil à la dramaturgie : Daniel Loayza

Conseil scénographique : Bertrand Nivelle

Théâtre national Bordeaux en Aquitaine • square Jean-Vauthier • 33000 Bordeaux

Du 13 mai au 5 juin 2008 : 13, 16, 17, 20, 23, 24, 27, 30, 31 mai 2008 et 3 juin 2008 à 20 h 30 ; 14, 15, 21, 22, 28, 29 mai 2008 et 4, 5 juin 2008 à 19 h 30

Tarifs : de 10 € à 25 €

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Vendredi 16 mai 2008

 

« Guitares du monde »

 

Dans le cadre du XVIIIe Festival Mai-diterranée

Théâtre Toursky

Vendredi 30 mai 2008 à 21 heures

 

Avec : Jo Vurchio, Toninho Ramos, Clive Carroll, Frasco Santiago et guitaristes invités

 

Après le succès réalisé par une première édition des « Guitares du monde » en 2006, Jo Vurchio revient au Théâtre Toursky pour une soirée dans le cadre du Festival Mai-diterranée et des rencontres de l'Institut international du théâtre méditerranéen les 30 et 31 mai 2008, dont la problématique sera l'union de la Méditerranée et la préparation de l'Odyssée 2009.

 

Classique brésilien, bossa-nova, entrelacs de jazz contemporain et griffures bluesy aux accents du monde... Un concert d'exception autour d'un instrument mythique, populaire et universel. Une émotion musicale qui ouvre de nouveaux espaces par quatre grands noms de la guitare. Quatre virtuoses d'une musique-caméléon se rencontrent pour partager une même passion des cordes dans un spectacle coloré et ouvert à toutes les sensibilités.

 

Jo Vurchio, musicien sensible dont l'esprit fourmille de couleurs, de climats et de mélodies, est l'organisateur de ce festival. Né à Marseille dans le quartier Saint-Mauront, à deux pas du Toursky, il apprend les rudiments de la guitare en autodidacte, puis, par la suite, il suit des cours de guitare classique et brésilienne avec de grands maîtres comme Battaglia, Tomasi, Salvador et Djaoui.

 

 

Toninho Ramos, considéré comme l'un des plus grands guitaristes de sa génération, est un compositeur brésilien hors pair doublé d'un instrumentiste magique qui possède une faculté d'improvisation stupéfiante. Reconnu par ses pairs auprès desquels il s'est produit - Vicinius de Moraes, Airto Moreira, Baden Powell... -, il a une liberté de jeu empreinte de douceur, de mélancolie et de désespoir, d'où jaillissent et se fondent des sonorités chaudes et profondes.

 

Le Franco-Espagnol Frasco Santiago est un guitariste époustouflant dans l'agilité de ses doigts et d'une virtuosité incomparable dans son toque. Paco de Lucia, Vincente Amigo ou encore Tomatito l'ont sollicité pour assurer les premières parties de leurs concerts.

 

Clive Carroll est un guitariste anglais au répertoire très large : celtique, fingerstyle et classique. En 1999, il a enregistré son premier album ; il fait par ailleurs de nombreuses tournées en Europe et aux USA avec John Renbourn et Tommy Emmanual.

 

Plus qu'un simple concert avec des guitaristes d'exception, « Guitares du monde » a l'ambition d'embarquer le spectateur dans un voyage musical à travers les continents, porté par une guitare aux couleurs ethniques qui croise tous les styles : du classique au brésilien en passant par la guitare irlandaise et faisant un arrêt par l'Italie. Sur scène, les quatre styles se rencontrent dans un spectacle coloré, ouvert à toutes les sensibilités. Soutenu par la virtuosité des artistes, tout le monde trouvera son compte : aussi bien l'amateur de musiques et rythmes du monde que le vrai aficionado de la guitare.

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Théâtre Toursky • 16, passage Léo Ferré • 13003 Marseille

Réservations : 0820 300 033

Durée : 2 h 15

Tarifs : de 17 € à 29 €

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Vendredi 16 mai 2008

 

« Asservies »,

de Sue Glover

 

Théâtre Darius-Milhaud • 80, allée Darius-Milhaud • 75019 Paris

Du 6 mai au 24 juin 2008

Les mardi à 19 heures et vendredi à 21 heures

 

Mise en scène : Claire Pineau

Après avoir suivi un cursus scolaire orienté vers la musique (maîtrise de la cathédrale de Reims puis classes horaires aménagées), Claire Pineau mène des études de lettres modernes (hypokhâgne, khâgne, DEA de littérature comparée et Capes de lettres modernes).

Elle intègre le cours Florent en 2005, où elle suit les cours de Suzanne Marrot, Mélissa Broutin, Georges Bécot et Frédéric Provost, et devient en 2007-2008 l’assistante d’Arlette Allain, enseignante de 3e année au sein de l’école.

Comme comédienne, elle travaille au sein de l’école sur des rôles divers : la Négresse dans le Soulier de satin de Claudel, Chantal dans le Balcon de Genet, Clytemnestre dans le Sang des Atrides de Rabeux, Milly dans Getting Attention de Crimp, la première sœur dans Antigone de Brecht ou encore Eva dans l’Épreuve du feu de Dahlström…

Elle travaille avec Mélissa Broutin dans la Famille en 2006, avec Georges Becot dans Nous, les héros de Lagarce et avec Alexandra Cartet dans une création Petites queues, grands esprits en 2007.

Elle participe également à divers courts-métrages : le Dîner de famille d’Amandine Simoni en 2005, le Père Framboisine d’Al de Polma, Yaël et Anna de Sylvain Lignac en 2006 et P01 de Juan Jimenez en 2008.

Elle tourne aussi une série de pilotes pour la télévision avec Sylvain Lignac, Entretiens privés, en 2007.

Après s’être intéressée à la réalisation avec un premier court-métrage, Esquisses, en 2005, elle se tourne vers la mise en scène avec son premier projet, Asservies, en 2007.

 

Avec : Alexandra Cartet dans le rôle de Sara ; Sophie Casel dans le rôle de Tottie ; Laurie Jesson dans le rôle d’Ellen ; Rebecca Finet dans le rôle de Liza ; Charlotte Thomas dans le rôle de Maggie ; Elia Zaharia dans le rôle de Jenny

 

La pièce

La pièce se situe en 1860 dans la région des Border, en Écosse. Les « asservies » étaient des ouvrières agricoles embauchées par des valets de ferme, le temps d’une saison. Tout valet de ferme devait être accompagné d’une femme, qui l’aidait dans les travaux : la sienne ou une autre. S’il n’était pas marié, il devait alors se rendre à la foire de louage, le premier lundi de février de chaque année, au cours de laquelle des ouvrières proposaient leurs services.

 

La vie des six personnages est donc rythmée par les travaux des champs – les semailles, les moissons, le battage, les labours –, mais aussi par les grands évènements de l’année : la foire de louage en février, la fête des Moissons en octobre, Hogmanay (la Saint-Sylvestre) et « la grande discussion » – pour savoir si le contrat de l’ouvrière était renouvelé l’année suivante – en janvier, et le charroi en mai – grand déménagement annuel d’une ferme à l’autre.

 

Le temps d’une saison, six ouvrières partagent leurs préoccupations, leur travail, leurs peines et joies et voient, non sans une certaine inquiétude, les progrès techniques pénétrer dans leur univers.

 

L’ancien monde cohabite avec un monde industriel en devenir et les femmes tentent d’y trouver leur place.

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Théâtre Darius-Milhaud • 80, allée Darius-Milhaud • 75019 Paris

Métro : Porte-de-Pantin (ligne 5)

Renseignements et réservations : 01 42 01 92 26

tdm.com@orange.fr

Du 6 mai au 24 juin 2008, les mardi à 19 heures et vendredi à 21 heures

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