Vendredi 3 juillet 2009

 

Rire noir et poésie blanche

 

« Nuit blanche chez Francis » au Lucernaire, spectacle-hommage au fantaisiste Francis Blanche, est à l’image de son œuvre protéiforme. Comédien, chansonnier, parolier, fabuliste, dialoguiste, créateur boulimique au cinéma, à la radio, à la télévision, pour la scène… Waouh ! Sa vie consacrée au rire et aux mots sous toutes leurs formes et par tous les médias ! Il est le père du canular téléphonique, autant dire le modèle de beaucoup de nos humoristes contemporains. Cet homme était un fou et n’était pas le seul. Souvent accompagné de son compère Pierre Dac, ils formèrent le duo incontournable de la radio dans les feuilletons « Faites chauffer la colle », « Malheur aux barbus » ou « Signé Furax ».

 

Je suis allée à la découverte de cet artiste que je connaissais peu, étant née après sa mort, et je dois dire que ce spectacle me l’a fait découvrir et aimé. Ses jeux de mots et ses calembours restent impérissables : « Si vous ne vous sentez pas bien, faites-vous sentir par un autre ». Et ses textes profonds résonnent dans nos inquiétudes modernes : sa chanson lÂge de raison, par exemple, est malheureusement très actuelle.

 

Les quatre comédiens-musiciens-chanteurs servent un cocktail réjouissant des textes de l’humoriste, qui nous a quittés il y a trente-cinq ans. Du détournement de La Fontaine avec le Robot et le Cornard aux sketchs radiophoniques comme lAccordeur de participes, en passant par quelques-unes de ses chansons truculentes comme la Fille du gangster ou l’hymne du Parti den rire sur le Bolero de Ravel.

 

Quant à la scénographie, elle est sobre : 1 piano, 5 chaises d’enfant et quelques changements de costumes et accessoires pour figurer des personnages bien campés. Les idées de mise en scène sont simples et efficaces. Ça a le mérite d’être épuré. Pour un spectacle qui se suffit par les mots de son auteur, il ne fallait d’ailleurs pas  tout un tas d’effets superflus, mais surtout de la pertinence d’interprétation.

 

À cet égard, la distribution ne jouit pas d’une homogénéité parfaite. Les comédiens ne sont pas tous chanteurs, ça s’entend et ce n’est pas grave, mais certains d’entre eux semblent être moins bons comédiens que d’autres. Et, là, le déséquilibre ne pardonne pas, surtout avec le comique.

 

Par ailleurs, certaines saynètes sont bien amenées mais manquent de bouffonnerie. Et, quand le texte se suffit à lui-même comme dans les fables, le ton manque la justesse. Ah, les alexandrins ! Objet de torture des comédiens et non pas des spectateurs ! Ici, les vers paraissent trop « récités ».

 

Alors, quand Alain Dumas, un des comédiens les plus vifs, se montre soudain, mes oreilles et mes yeux se mettent à frétiller tant il est l’un des rares parmi ses comparses à donner ce que réclame la comédie et le clownesque.

 

Quand au public, je regrette qu’il ne soit pas un peu plus jeune. Francis Blanche est en effet encore d’actualité, ses textes sont piquants et relèvent certainement le niveau de l’humour actuel. 

 

Atika Belhachmi

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Nuit blanche chez Francis, de Francis Blanche

La Belle Équipe

Mise en scène collective de La Belle Équipe

Avec : Jean-Baptiste Artigas, Guillaume Destrem, Alain Dumas, Didier Le Gouic

Collaboration artistique : Chris Cody, Stéphanie Lanier, Dominique Plaideau

Graphisme affiche : Jacques Regimbeau

Le Lucernaire • 53, rue Notre-Dame-des-champs • 75006 Paris

Réservation : 01 42 22 26 50

Du 27 mai au 1er août 2009, du mardi au samedi à 20 heures

30 € | 20 € | 15 € | 10 €

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Jeudi 2 juillet 2009

 

La beauté de l’éphémère

 

Directeur artistique du centre chorégraphique d’Istres depuis 2008, Emanuel Gat, lauréat en 2006 du Bessie Awards, a proposé au Corum de Montpellier « Variations d’hiver », sa dernière création. Entre l’American Dance Festival et le Lincoln Center Festival, il fait une halte et offre en compagnie de Roy Assaf une heure de poésie et de pur enchantement.

 

Il n’y a là, au regard de nombreux spectacles de danse, rien de narratif où se raccrocher pour tenter de comprendre où va le geste et ce qu’il signifie. C’est que justement celui-ci se suffit à lui-même et qu’il est à la fois origine, chemin et aboutissement. Du mouvement, uniquement du mouvement. Et on se laisse totalement prendre au charme, à la fluidité et à l’énergique douceur des deux corps qui se déplacent et s’enchevêtrent. Quelquefois à l’unisson ou en miroir, mais souvent légèrement décalés, les danseurs savent jouer du geste et du repos, du déplacement et de l’arrêt, de l’entremêlement et de l’écart. Tantôt hypnotique dans la sinuosité de la rencontre des corps, tantôt suscitant un regard étonné devant un mouvement neuf, le duo est virtuose et imaginatif.

 

J’ai tout aimé et particulièrement ces instants : le port d’un danseur à l’avant du corps et l’impression, à les voir avancer vers le fond de la scène, que celui qui portait semblait être la charge. Inversion étonnante, comme ces figures d’Escher qui laissent voir un aspect et convoquent dans le même temps son double. J’ai aimé encore le parcours de la scène sur les genoux, les bras aidant à l’avancée. À force de regarder les danseurs arpenter le plateau, ils semblaient perdre une partie de leur corps et se réduire en taille.

 

© Mia Alon

 

Ce qui est étrangement attirant et envoûtant aussi, c’est la présence des mains : mains qui effleurent le corps de l’autre, mais aussi mains qui rencontrent leur propre corps. Elles guident ; elles passent. Sur le crâne, la nuque, le menton… et touchent à peine ou pas. Le regard est subjugué par ce déplacement. La sensation de quelque chose d’imperceptible passe là : la beauté de l’éphémère. La formation de chef d’orchestre d’Emanuel Gat et la danse des mains qu’elle enseigne aurait-elle une part ici ? En tout cas, tout geste, même la frappe vigoureuse des bras sur les cous, est habité par une douce fluidité, jusqu’à ce mouvement de bascule sur le ventre qui fait avancer le danseur sur la scène et qui clôt l’œuvre.

 

Dans le Kansas City Star, la critique écrivait : « If you want to see the future of dance, take a long look at Emanuel Gat ». Il est de fait que le chorégraphe israélien et Roy Assaf, celui qui l’accompagne dans ce duo emprunt d’une belle intimité, ont fasciné le spectateur. Il ne reste qu’un désir : celui de regarder à nouveau. 

 

Fatima Miloudi

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Variations d’hiver, d’Emanuel Gat

Chorégraphie et lumière : Emanuel Gat

Création et interprétation : Roy Assaf, Emanuel Gat

Musique : Richard Strauss, Im Abendrot ; Rial Al Sunbati, Awedt eyni et Oud and Voice ; Franz Schubert, Die Krähe ; The Beatles, A Day in a Life

Répétitrice : Noémie Perlov

Directeur technique : Samson Milcent

Organisation des tournées : DLB Spectacles | Didier Le Besque

Production : Emanuel Gat Dance

Coproduction : Festival Montpellier danse 2009, American Dance Festival, Lincoln Center Festival, De Singel (Anvers), en collaboration avec la régie culturelle Scènes et Cinés Ouest Provence

Opéra Berlioz • Le Corum • esplanade Charles-de-Gaulle • 34000 Montpellier

Réservations : 08 00 60 07 40

Mardi 30 juin 2009 à 20 heures

Durée : 1 heure

De 8 € à 30 €

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Jeudi 2 juillet 2009

 

F-X, de Michael Stampe

 

Mise en scène : Christophe Lidon

Avec : Jérôme Pradon

Création

22 heures

 

Dans la chambre noire de son appartement-refuge, F-X exhibe son anatomie. Gros plan après gros plan, il la jette en pâture sur le Net comme autant d’aveux de solitude. Il nous livre les traces des absents, les pépites de sa vie, sa tendresse, il déverse ses cicatrices d’enfant, ses amours d’un soir. Cliché après cliché, sous l’œil de son Reflex, F-X se recompose, se recrée en noir et blanc et en couleurs.

 

L’immensité des possibilités de rencontre sur le Net n’a d’égal que la profondeur de la tristesse humaine. Dans l’isolement de son appartement, F-X s’adresse au monde entier, hurlant à sa manière sa quête d’amour sous la lumière des flashs qui éclairent ses autoportraits impudiques. Il avance avec obstination sur la voie de sa propre reconstruction. Car F-X a pour projet un incroyable chef-d’œuvre fait d’images de lui-même et de souvenirs cachés… Son lit, comme un ring où ombres et lumières vont s’affronter, devient soudainement la scène intime d’histoires de sexe et d’amour étrangement mêlées, le lieu d’une tension qui fascine ses spectateurs internautes.

 

Jérôme Pradon interprète ce personnage à fleur de peau, dont les cicatrices sont autant de souvenirs liés au parcours d’un jeune homme devenu adulte qui utilise tous les codes d’une sexualité provocante pour choquer, mais aussi pour émouvoir par sa franchise et sa détermination. C’est un réflecteur de lumières que nous tend François-Xavier = F-X.

 

Christophe Lidon

 

Durée : 1 h 15

Salle John-Coltrane, non numérotée

 

Recueilli par

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Théâtre du Chêne-Noir • 8 bis, rue Sainte-Catherine • 84000 Avignon

www.chenenoir.fr

Locations : 04 90 82 40 57 dès à présent du mardi au vendredi de 14 heures à 18 heures

À partir du 7 juillet 2009, tous les jours de 10 heures à 18 heures

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Mercredi 1 juillet 2009

 

Communiqué de presse

 

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris la disparition de Pina Bausch, le 30 juin 2009.

 

Danseuse et chorégraphe, génie de la danse, créatrice d’une forme nouvelle, le Tanztheater, qui deviendra le nom de sa compagnie et de son théâtre, le Tanztheater Wuppertal Pina Bausch à partir de 1973.

 

Elle nous a offert toutes ces années une grande vision de la condition humaine en sachant toujours franchir les limites de son art. D’une grande exigence artistique et d’une grande fidélité à ses danseurs, elle assistait chaque soir, dans chaque ville, à chaque détail de la représentation.

 

Elle a aimé mettre à l’honneur les villes du monde, Rome-Viktor 1986, Palerme-Palermo Palermo 1989, Madrid-Tanzabend II 1991, Los Angeles-Nur Du 1996, Hongkong-Der Fensterputzer 1997, Lisbonne-Mazurca Fogo 1998, Budapest-Wiesenland 2000, Rio de Janeiro-Água 2001, Istanbul-Nefés 2003, Seoul-Rough Cut 2005, jusqu’à sa création 2009 née d’une résidence à Santiago du Chili. Toutes sont des villes que la troupe a connues au cours de ses tournées, des villes où se sont établies amitiés et complicités.

 

À Paris, au Théâtre de la Ville, elle a été présente depuis 1979, à l’invitation de Gérard Violette, à l’occasion de Barbe Bleue. Une complicité indéfectible naîtra de ces trente années entre le public et l’artiste, autour d’œuvres majeures : Café Müller, Bandonéon, Walzer, Kontakthof, Nelken

 

Cette immense artiste et ses fabuleux danseurs étaient chez eux au Théâtre de la Ville, qu’ils enchantaient chaque année.

 

Nous nous associons à ses proches et à sa compagnie pour saluer sa mémoire. Le Théâtre de la Ville pleure aujourd’hui un membre de sa famille et une reine de l’Art.

 

Emmanuel Demarcy Mota

et toute l’équipe du Théâtre de la Ville

Paris, le 1er juillet 2009

 

Pendant tout le mois de novembre 2009, le Théâtre de la Ville célébrera ses trente ans d’amour avec Pina Bausch : films, rencontres, expositions et interventions d’autres artistes… Le Tanztheater de Wuppertal présent à Paris pour les représentations (maintenues aux dates prévues du 11 au 28 novembre 2009) de Vollmond et Masurca Fogo, et toute l’équipe du Théâtre de la Ville salueront ainsi son parcours d’artiste au-delà de toute norme.

Recueilli par

Vincent Cambier

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Théâtre de la Ville • 2, place du Châtelet • 75004 Paris

01 42 74 22 77, du lundi au samedi de 11 heures à 19 heures

Théâtre des Abbesses • 31, rue des Abbesses • 75018 Paris

www.theatredelaville-paris.com

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Mercredi 1 juillet 2009

 

Aâââââââââââââââââh !, hurla-t-elle

 

Frédéric Jessua et ses potes se sont réunis pour ressusciter le théâtre du grand-guignol, ancêtre artisanal cruel et câlin du film d’épouvante. Au programme de « Ça bute à Montmartre », six pièces courtes amoureusement mises en scène par cinq dangereux perfectionnistes : Jonathan Hume, Frédéric Jessua, Jean-François Mariotti, Isabelle Siou et Jean-Patrick Vieu. C’est au Ciné 13 Théâtre, là-haut à Montmartre, d’où le titre. Frissons, rires et cris de terreur obligatoires. Mon conseil : n’y allez pas seul. Suivez le guide.

 

Quelques semaines plus tôt, ils donnaient en avant-première l’intégrale (cinq heures et quelque de spectacles) au Théâtre Berthelot de Montreuil. Trois Coups oblige, me voilà Croix-de-Chavaux à la recherche de ce marathon de l’hémoglobine. Pas trop rassuré tout de même, j’ai emmené avec moi ma Gigi. Une mamy superstar habituée à garder une demi-douzaine de petits monstres. Certains l’ont même forcée à voir Scream 2 trois fois. La mère de Gigi elle-même allait jadis au Grand-Guignol se gaver d’horreurs. Il y a des familles comme ça. Bon, on s’assied. Je n’en mène pas large. J’ai l’impression d’être monté dans le grand huit. Le rideau s’ouvre… Gigi, j’ai peur !

 

Les titres parlent d’eux-mêmes : lAtroce Volupté, les Détraquées, le Baiser dans la nuit, la Loterie de la mort… Pourtant, si toutes les pièces reposent sur le même principe – nous faire passer un sale quart d’heure (avec notre consentement) –, chacune le fait à sa manière. En gros, il y en aurait trois, de manières : l’insoutenable, la tordante et la raffinée. Les trois cohabitent d’ailleurs quelquefois dans la même pièce, histoire de varier les plaisirs. L’immense mérite de ces minidrames, souvent en deux actes, c’est d’abord d’être bien ficelés, et ensuite de permettre à leurs interprètes de sortir « le grand jeu ». Seule règle : être sincère. Même et surtout quand c’est énorme. Il faut bannir le second degré et savoir jouer.

 

© Frédéric Jessua

 

C’est éminemment le cas ici. Que des bons ! En tout, plus d’une trentaine d’acteurs déchaînés qui se relaient. Marjorie de Larquier, Dominique Massat, Élise Chièze, Cécile Pericone et Maline Cresson, par exemple, se surpassent dans leurs rôles d’amoureuses hystériques. Bien sûr, en les entendant implorer leurs amantes ou amants, à coups de « traîtresse », de « misérable » et autres cris déchirants, on se dit : certes, ce n’est pas du Claudel. N’empêche, qu’est-ce qu’on rit, et qu’est-ce qu’on frémit ! Mais ces messieurs ne sont pas en reste. Que ce soit Jonathan Frajenberg, Aurélien Osinski, Franck Clément, Grégory Montel, Thibault Sommain, Thibault Corrion, Laurent Papot ou Julien Buchy, on peut dire qu’ils y vont. Pour rester dans le ton, ils sont tous sensationnels.

 

Selon la charte tacite que nos cinq metteurs en scène ont signée entre eux : « On n’édulcore pas pour plaire à tout prix. Le grand-guignol l’interdit. ». On croirait un serment de spectres par une nuit sans lune. Blague à part, un grand bravo à Frédéric Jessua davoir su coordonner toutes ces énergies. « On n’édulcore pas, on n’édulcore pas »… Parfois, on aimerait bien qu’ils édulcorent un peu. Moi, je n’ai pas honte de le dire, au début du Baiser de sang j’ai bien failli tourner de l’œil. Une trépanation là, en direct. Je vous préviens : mangez léger. C’est pourtant mon préféré, avec lAtroce Volupté. Car, là non plus, ils ne lésinent pas. Plaies béantes, membres mutilés… brrr ! Les maquillages, qui ont fait dans ce domaine d’épouvantables progrès, ne vous épargnent presque rien. Heureusement, c’est chaque fois aussi violent que bref. Mais parfois il y a des ellipses et, là, c’est presque pire. Je songe à l’homme vitriolé du Baiser dans la nuit

 

© Maline Cresson

 

Et le contenu ? Comme le reste : aussi tordu que tordant. Les textes charrient préjugés et poncifs à la tonne : les femmes y sont forcément fatales, les lesbiennes perverses, les médecins sadiques, les cocus vindicatifs, l’avocat un vendu, la pauvresse une traînée, le riche un incompris et ainsi de suite. S’emparant de ce fatras de stéréotypes, de frustrations et de peurs collectives, les metteurs en scène s’en donnent à cœur joie. Éclairages crépusculaires, rideaux rouge sang. Même celui d’un banal barbier (la Loterie de la mort) devient par le jeu de l’éclairage celui d’une hilarante boucherie dada. Et que dire du divan freudien plaisamment glissé dans le décor pseudo-asiatique de lAtroce volupté : une pure merveille ? Ou de la verrière du Baiser de sang soudain illuminée par un grand éclair qui fait apparaître au mystérieux M. Joubert sa chère (chair ?) disparue ? C’est beau comme du Gaston Leroux, à qui on doit d’ailleurs lHomme qui a vu le diable, point de départ de cette aventure (voir entretien avec Frédéric Jessua du samedi 27 juin 2009).

 

Dans l’ensemble, ce sont pourtant d’inoffensifs médecins, quelquefois aliénistes tout de même, qui signaient à l’époque, sous des pseudos, la plupart de ces « curiosités » volontiers scabreuses. Qu’on s’en souvienne, il s’en passait de belles dans les loges douillettes du Grand-Guignol ! Aussi curieux que cela paraisse, l’atrocité émoustille. Tant qu’elle est simulée, bien sûr. Ce n’est pas Michael Haneke (Palme d’or à Cannes cette année) qui me contredira, lui qui a bâti son œuvre sur ce concept un rien roublard du « voyeur vu ». Vertigineuse ambiguïté qu’assume avec génie, tant pis le mot est lâché, toute la troupe, mais notamment Jean-François Mariotti. Sa Gabegie grand-guignol est un chef d’œuvre d’humour noir et de fureur vengeresse contre l’exploitation du fait divers par les médias. Voir Cécile Pericone en as du scalpel, et tenue légère, affronter Thibault Corrion cyclope absurde de l’enfance martyre répare bien des abus audiovisuels. Cette fois encore, on rit de se voir si bête en ce miroir.

 

Je vous renvoie pour les détails et autres aspects pratiques au site du spectacle (www.cine13-theatre.com). Pour moi, une chose est sûre : avec leur Ça bute à Montmartre, les compagnies Acte 6, L’Incartade et Heautontimoroumenos peuvent être fières d’elles. Non seulement on a vraiment peur, mais en plus on ne veut plus partir ! 

 

Olivier Pansieri

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Ça bute à Montmartre, de Jean Aragny, Eddy Ghilain, Charles Helem, Pierre Larroque, Maurice Level, Jean-François Mariotti, Max Maurey, Francis Neilson, Georges Neveux, Olaf et Paulau, Pol dEstoc

Acte 6 | L’Incartade | Heautotimorouménos

www.acte6.org

http://lacompagniedelincartade.googlepages.com

www.heautontimoroumenos.com/gabegie/troupe.php

Mise en scène : Jonathan Hume, Frédéric Jessua, Jean-François Mariotti, Isabelle Siou, Jean-Patrick Vieu

Avec : Justine Bachelet, Amandine Blanquart, Krisitina Chaumont, Élise Chièze, Maline Cresson, Marjorie de Larquier, Noémie Ksicova, Dominique Massat, Clémentine Marmey, Stéphanie Papanian, Julie Macqueron, Isabelle Siou, Laure-Lucile Simon, Irina Solano, Thomas Bousquet, Julien Buchy, Franck Clément, Thibault Corrion, Jonathan Frajenberg, Jonathan Hume, Thomas Hoff, Frédéric Jessua, Grégory Montel, Laurent Papot, Aurélien Osinski, Thibault Soumain, Maxime Tschibangu, Nicolas Sorhaitz, Jean-Patrick Vieu

Lumière : Florent Barnaud, Jean-Yves Pascal, Victor Veyron

Costumes : Victoria Vignaux, Iveta Holanova

Son : Xavier Ruiz

Maquillages et effets spéciaux : Laura Ozier, Élodie Martin, Marine Alexandre, David Scherer

Scénographie : Frédéric Jessua, Florent Barnaud, Xavier Ruiz

Régie : Yann Boutigny-Lizerand

Construction : Thierry Ortie

Productions Acte 6, L’Incartade et Heautotimorouménos

En coréalisation avec Le Théâtre du Beauvaisis de Beauvais, le Théâtre Berthelot de Montreuil, le Ciné 13 Théâtre

Avec le soutien de l’agence Dynamite et de la ville de Montreuil

Ciné 13 Théâtre • 1, avenue Junot • 75018 Paris

Métro : Abbesses, Lamarck-Caulaincourt

www.cine13-theatre.com

Réservations : 01 42 54 15 12

Du 3 juillet au 3 août 2009

Durée : selon programme

25 € | 18 €| 12 €

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Livre d’or

« Depuis notre débat sur le Off d’Avignon, j’ai eu l’occasion de “lire” votre site critique, et j’en ai été très heureux. Parce que j’apprends des choses dont les médias parisiens ne m’informent pas et parce que les critiques sont de bonne qualité. Continuez bien ! Tous mes vœux à vous et aux “Trois Coups” ! Amicalement. »

Gilles Costaz, critique dramatique à “Paris-Match”, “les Échos”, “Politis”, “le Magazine littéraire”, “l’Avant-scène Théâtre”…

 

« Nous tenions à vous dire bravo, nous applaudissons des deux mains, votre site est admirablement bien fait. Vous (toute l’équipe) aimez le théâtre et vous savez faire partager votre passion… »

Marie-Céline Nivière et Dimitri Denorme, “Pariscope”, rubrique « Théâtre »

 

« “Les Trois Coups”, c’est une pépinière de critiques. Ils sont acteurs, étudiants […], tous raides amoureux de théâtre. Une quarantaine à aller au théâtre et à écrire sur les spectacles. »

Jean-Pierre Thibaudat, “Rue 89”, blog “Balagan”

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